CP-214 Perdre la face

“Il existe chez l’être humain, un phénomène assez intéressant, phénomène qui vaut la peine d’être étudié, parce qu’il dénote jusqu’à quel point l’Homme a peur de lui-même. Ce phénomène est plus évident dans certaines sociétés, dans …” BdM

 

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Il existe chez l’être humain, un phénomène assez intéressant, phénomène qui vaut la peine d’être étudié, parce qu’il dénote jusqu’à quel point l’Homme a peur de lui-même. Ce phénomène est plus évident dans certaines sociétés, dans certains groupes que d’autres, mais par contre, il fait partie de la nature égoïque de l’Homme et aussi, il fait partie de son inconscience profonde de la réalité.

Nous voulons parler ici de cet aspect de la vie mentale et psychologique de l’ego où l’Homme a peur de perdre la face. Lorsque l’être humain a peur de perdre la face dans la vie, c’est qu’il se donne comme responsabilité d’apparaître devant les Hommes tel qu’il voudrait qu’on le voie. Et lorsque ceci ne coïncide pas avec la réalité des faits, il vit une certaine inquiétude intérieure qui peut devenir très profonde, et cette inquiétude le dessert énormément parce que les Hommes, dans un sens ou dans un autre, se foutent royalement de ce qu’un Homme perde ou ne perde pas la face.

Le phénomène de perdre la face est un phénomène totalement égoïque, subjectif, intérieur à soi-même, qui n’invite pas le monde à l’extérieur à en prendre conscience. Autrement dit, l’Homme qui perd la face, il la perd seul, dans le coin de sa solitude, dans le coin de son intériorité ; il perd la face face à lui-même, mais il ne perd pas la face face au monde, parce que le monde ne s’occupe pas de la face des autres, le monde, tel que lui, ne s’occupe que de sa propre face.

Perdre la face est un phénomène de l’astral, c’est une façon à l’astral de terroriser l’ego, c’est une façon de l’astral de diminuer la conscience humaine, c’est une façon de l’astral d’empêcher l’Homme de finalement pouvoir sentir sa propre réalité. Perdre la face est un moyen de créer dans l’Homme la perpétuelle damnation de soi-même.

L’astral est extrêmement puissant chez l’Homme involutif, il est extrêmement présent et il constitue la totalité des possibilités psychologiques de l’ego involutif. Donc la perte de face ne fait pas partie des moindres outils utilisés contre l’être humain pour le garder dans une position minable face à lui-même. Un Homme qui perd trop la face peut en arriver éventuellement à développer une sorte d’anxiété profonde, anxiété qui peut même le mener jusqu’au suicide. Pourquoi ? Parce que la perte de face élimine dans la conscience de l’Homme les mécanismes naturels, normaux de sa personnalité, et éventuellement établit en lui des mécanismes d’autodestruction.

L’Homme qui se laisse pénétrer par ce jeu, en arrivera un jour à se terroriser lui-même, il en arrivera même à se culpabiliser à un tel point que la valeur de sa vie n’aura plus de sens que dans la mesure où la société autour de lui voudra bien l’accepter.

Perdre la face est effectivement un des aspects les plus subtils de l’autodestruction. Il revient à l’Homme de considérer que sa vie ne fait pas partie de la vie de l’Humanité, mais que sa vie fait partie de sa propre vie et que, bien qu’elle soit en relation avec l’Humanité, elle ne doit pas en dépendre psychologiquement au-delà du raisonnable, c’est-à-dire au-delà du respect mutuel que les Hommes doivent se rendre. Perdre la face est un phénomène absolument ahurissant, si nous regardons la nature profonde de l’Homme et si nous regardons le droit que l’Homme a, à la précaution qu’il doit prendre contre l’Humanité inconsciente.

Si l’Homme ne prend pas de précaution contre l’inconscience de l’Humanité, autrement dit s’il ne se bâtit pas, il ne pourra jamais comprendre jusqu’à quel point l’Humanité inconsciente peut le détruire dans la mesure où il est incapable, lui, en tant qu’être, de demeurer monolithique psychologiquement.

Il y a des Hommes qui souffrent tellement de la perte de face que ces mêmes êtres ont de la difficulté à répondre de leur propre nature. Ils sont amenés, “inévocablement” (sans équivoque), à vivre leur vie en fonction de l’extérieur, et ceci est extrêmement épuisant, ceci fait perdre à l’Homme beaucoup d’énergie et l’empêche de se réaliser de façon intégrale. La personnalité de ces Hommes se divise, se brise, se fracture, et lorsqu’un choc suffisamment puissant entre dans leur vie, il perturbe leur existence et éventuellement crée une complication psychologique telle sur le plan de l’ego, que l’Homme peut en arriver facilement à la destruction de lui-même.

Perdre la face ne constitue en rien un aspect réel de l’Homme et ne constitue non plus chez lui une qualité de sensibilité. C’est une qualité profondément ancrée dans l’illusion de la sensibilité. Un Homme qui perd la face devant les Hommes est un Homme qui n’a aucun centre de gravité mentale, c’est un Homme qui fonctionne par rapport aux autres, c’est un être qui n’a aucune capacité de s’auto- instruire, c’est-à-dire de s’autodévelopper. C’est un être qui est régi par les lois astrales de la civilisation, donc c’est un être qui ne peut pas à long terme être heureux, parce qu’il lui est très difficile de vivre par rapport à lui-même.

Si l’Homme n’est pas capable, sur le plan de l’involution, de vivre par rapport à lui-même et que, déjà, être heureux est presqu’une impossibilité, imaginez-vous comment l’Homme peut en arriver à se construire une vie mentale solide, à toute épreuve, qui pourrait lui donner accès à une permanence de bien-être !

Perdre la face, c’est la maladie de l’âme perçue par l’ego, c’est de la manipulation de l’âme à travers l’ego, et c’est un des plus puissants outils utilisés par l’âme pour l’expérience de l’Homme sur le plan matériel. C’est effectivement une des grandes manipulations invisibles chez l’Homme, c’est une des grandes confusions de l’esprit humain face à sa réalité, et c’est inévitablement le début d’une grande crise, sinon d’une crise permanente à travers la vie de l’Homme.

Aucun être humain ne peut se permettre de souffrir de la perte de face parce qu’une telle perte de face créée en lui un abominable portrait de lui-même face à la société. Et ce portrait qu’il se crée, bon gré mal gré, face à la société, est inévitablement relié à son incapacité psychologique de dépasser le jugement social, donc ce portrait indique chez lui une très grande faille, une très grande faiblesse. et un jour cette faille s’ouvrira et l’ego sombrera à l’intérieur de ses murs et il en sera absolument écrasé comme l’être physique qui tombe dans les crevasses d’une terre qui s’ouvre.

Perdre la face n’a aucun point de vraisemblance avec le réel. Donc il n’y a aucune raison intelligente chez un Homme qui puisse donner à sa perte de face une valeur quelconque. Il y a effectivement des sociétés qui utilisent la perte de face pour la glorification du courage, lorsque l’être finalement se détruit après avoir commis une erreur quelconque ; et cette perte de face permet que l’être efface son péché afin que la société puisse continuer à demeurer saine dans les abus de ses membres. C’est ce qui se passe, par exemple, au Japon. Mais ceci est une illusion totale, une illusion tellement profonde que dans la mesure où les Hommes en arriveront à réaliser autre chose, il se créera dans la conscience de l’individu un déchirement qui fera naître dans la conscience sociale une nouvelle façon de vivre notre propre ou son propre moi.

Un Homme qui se laisse entraîner dans le jeu de la perte de face est un Homme qui se plonge dans un grand besoin de pitié personnelle. Et rien n’est plus dangereux pour un être humain que d’avoir besoin de cette pitié personnelle pour pouvoir supporter l’affront, car dans la pitié personnelle, l’être humain devient absolument aberré, il devient absolument astralisé, et il perd toute contenance en ce qui concerne, ou face à ses forces intérieures. Il devient épuisé et il perd sa capacité d’engendrer l’énergie mentale nécessaire pour dépasser un obstacle qui fait partie de l’expérience de l’âme à travers l’ego, donc obstacle qui régit les lois de l’Homme qui fait partie de la programmation et qui est absolument anti-Homme, donc anti-lumière donc anti-réalité.

L’Homme qui perd son temps à perdre la face est un être esclave de la conscience sociale. C’est un être qui est enraciné dans les opinions extérieures, c’est un être qui n’a aucune identité, c’est un être qui est incapable, par lui-même, de soulever le voile de sa propre illusion pour entrer finalement dans la clarté de son intelligence. C’est un être qui est extrêmement pauvre en esprit, c’est un être astral et c’est un être qui peut facilement, pour toutes sortes de raisons afin de ne pas perdre la face, envenimer sa conscience, envenimer sa situation de vie, polluer totalement sa conscience afin de demeurer devant les Hommes, grand, alors qu’intérieurement il est parfaitement corrompu.

L’Homme qui a peur de perdre la face est un Homme qui a peur que l’on découvre son mensonge. Et cette crainte s’accumule, elle continue, elle devient permanente en lui, parce que jamais il ne voudra qu’on découvre son mensonge. Donc dans la perte de la face, il n’y a pas simplement le phénomène temporaire, il y a la continuité psychologique, il y a le développement graduel, au cours des années, d’une perception intérieure que l’on ne veut pas montrer au monde. Et ceci aliène l’Homme contre lui-même et l’amène à se dévaluer devant lui-même pour enfin en arriver un jour à réaliser qu’il ne valait pas la peine, pour lui, de perdre la face parce qu’il n’en avait pas.

Donc l’Homme qui a peur de perdre la face n’a déjà pas de visage, donc il ne peut pas, sur le plan social comme sur le plan interne, demeurer égal à lui-même. Il devient graduellement un être sombre, un être qui, sans appui interne, se perd dans la configuration subtile des évènements de la vie, et graduellement, sans qu’il s’en rende compte, les Hommes autour de lui le perçoivent, et même s’il ne veut pas perdre la face, on la lui a déjà enlevée.

Dans la mesure où l’Homme a l’impression de perdre la face, il prend conscience, chez lui, d’une incapacité de résoudre intérieurement les contradictions de sa propre conscience. Autrement dit, un Homme qui perd la face est un Homme qui n’est pas capable de se suffire à lui-même sur le plan psychologique. Il est incapable de prendre conscience de sa réalité, donc il assume que la société autour de lui prendra conscience de son irréalité. Et ceci crée en lui une très grande tension, une très grande crainte, parce que cela risque de créer chez lui une perte d’identité qui dans le fond n’existe pas, mais qu’il voudrait voir exister à partir de l’opinion extérieure dirigée vers lui-même.

La perte de la face est consistante avec l’irréalité psychologique de l’ego en ce qui concerne l’impuissance mentale de l’Homme de supporter la qualité de ses propres actions. Un Homme qui est arrivé à un certain niveau de maturité n’a pas besoin de craindre que la conscience sociale révoque son droit à demeurer devant elle l’expression d’une conscience correcte. L’individu qui perd la face a peur que la société le juge. Et s’il a peur que la société le juge, c’est parce qu’il est incapable de supporter son propre jugement, sinon il ne vivrait pas cette crainte, et naturellement il pourrait en arriver à consolider la totalité de ses options psychologiques pour faire valoir devant la société son droit acquis, c’est-à-dire celui qui lui permet en tant qu’Homme de manifester son identité.

Mais ce n’est pas le cas, parce que l’Homme qui perd la face refuse d’une façon inconsciente de s’appointer fortement comme étant le juge de ses propres actions, pour la simple raison qu’il a perdu confiance en lui-même. Et ceci est définitivement l’aspect le plus difficile de cette expérience psychologique, parce que lorsque l’Homme a perdu confiance en lui-même, il a perdu le droit acquis de se manifester constamment comme un être valable, comme un être qui est dans sa réalité, comme un être qui est dans son identité. Et ayant perdu ce droit acquis, il ne peut plus succomber ou continuer à succomber aux impertinences de la société autour de lui, et c’est ce qui crée éventuellement en lui une érosion de sa nature, une érosion de sa force, une érosion de sa capacité mentale de se tenir droit et debout devant une société qui pourrait juger son action comme étant représentative d’un être qui ne se manifeste pas à la hauteur de sa présentation publique.

Perdre la face est essentiellement un phénomène d’incongruité entre la conscience égoïque personnelle et la conscience sociale qui, en relation avec l’ego, se voit obligée de juger afin de maintenir forte la position des valeurs sociales face à l’action individuelle. Autrement dit, dans des termes plus simples, l’individu qui a tendance à perdre la face est un être qui n’est pas capable de subvenir à ses propres besoins, il est obligé constamment de passer par la société afin d’aller chercher chez elle la force, le support, dont il a besoin pour continuer à vivre ou plutôt à exister.

C’est effectivement une situation pénible, sombre, que beaucoup d’hommes et de femmes vivent, mais qui sera remplacée de façon catégorique à partir du moment où l’Homme passera de l’involution à l’évolution, de l’inconscience à la conscience, car dès que l’Homme prendra conscience de la réalité psychologique de son moi et qu’il découvrira les mécanismes sous-jacents à la constitution psychologique de son être, il verra que la nature de son action en relation avec l’activité psychique de son moi le conduit inévitablement à une manifestation créative de l’ego. Et l’Homme ne souffrira plus de cette dépendance sociale, celle qui fait de lui un être obligé de ne pas perdre la face afin de se bien sentir dans la société.

L’Homme nouveau aura une identité, cette identité sera fondée sur la relation étroite entre lui-même et la conscience interne. Donc il n’aura pas besoin du miroir social pour valoriser sa conscience, pour donner à son ego une fausse identité et perpétuer le mythe où la mythologie de sa conscience individuelle qui, dans le fond, n’est pas une conscience réelle, mais simplement une conscience fragmentée qui fonctionne bien si elle n’est pas attaquée, si elle n’est pas sous pression, mais qui fonctionne très mal dans les cas où la conscience sociale s’attaque à elle pour des raisons de valeur, afin de maintenir son propre équilibre, afin de maintenir sa propre domination sur l’individualité faussée de l’Homme seul, de l’Homme face à d’autres Hommes.

Un Homme qui souffre de la perte de face est un Homme qui a besoin de se redécouvrir, qui a besoin d’être aidé, dans ce sens que cet Homme doit éventuellement regarder vers lui-même et engendrer en lui-même des notions nouvelles en ce qui concerne sa personnalité versus la conscience sociale. Et l’Homme nouveau qui découvrira constamment des êtres en voie d’évolution et qui perdra graduellement cette illusion d’être seul – parce que justement il rencontrera des êtres qui sont sur sa longueur d’onde – verra effectivement que la perte de face est une illusion profonde qui “sévère” (coupe) le lien entre l’Homme et lui-même et qui empêche ce dernier de se constituer en une force monolithique, en une force créative qui puisse facilement déchirer le pouvoir de la conscience sociale qui, mécaniquement, terrorise l’ego, qui a tendance à perdre la face à la moindre aventure de ce dernier dans un médium social ou l’inconscience règne absolument.

Lorsque l’Homme deviendra de plus en plus conscient, qu’il découvrira son identité, il deviendra intégral, c’est-à-dire que sa conscience personnelle sera intègre, sa conscience personnelle ne pourra pas dévier de la créativité mentale de l’ego parce que la fusion avancée de la lumière avec l’ego empêchera l’Homme de succomber aux mouvements subtils de l’astral sur sa conscience. Donc le phénomène de la perte de face n’existera plus chez l’Homme, parce que finalement il se sera reconstitué en une unité de conscience, au lieu de vivre la perpétuité de son propre mensonge, au lieu de vivre l’illusion de son propre ego et de succomber constamment à la lutte qui existe entre l’Homme et la société.

L’Homme nouveau n’aura pas à vivre la lutte entre lui-même et la société, il sera parfaitement équilibré en lui-même, il sera parfaitement capable de se suffire à lui-même égoïquement, donc il n’aura pas besoin de se soumettre au jugement de la société puisque jamais viendra-t-il en conflit avec elle pour la simple raison que sa conscience créative naîtra constamment, se manifestera constamment et que l’Homme ne cherchera plus, à cause de son astralité, à mal définir une personnalité qui, dans le fond, n’est jamais réelle.

Donc la perte de face fait partie de l’illusion de la personnalité, illusion profondément ancrée dans l’insécurité égoïque de l’Homme. La perte de face n’a aucune vertu, la perte de face est simplement une qualité péjorative de l’ego, elle représente tous les aspects de la conscience égoïque qui doivent être régénérés, réajustés, réalignés afin que l’Homme puisse graduellement développer une certaine contenance, une certaine force intérieure contre l’assaut de l’astral.

Il est évident que la perte de face fait partie de l’assaut de l’astral contre l’Homme. Et selon sa sensibilité, selon ses craintes, ses inquiétudes, ses anxiétés, selon ce qu’il a à perdre dans l’action mal manifestée, l’astral deviendra très fort. Et l’astral peut devenir tellement fort chez l’Homme, selon sa culture, sa nation, sa race, sa mémoire, qu’il peut facilement créer en lui un besoin presque permanent de ne pas perdre la face afin de ne jamais souiller l’impression qu’il a de lui-même.

Si l’Homme par contre ne perd pas la face ou réussit à ne pas la perdre, la face, devant la société, il la perdra constamment devant lui-même. Autrement dit, l’Homme ne peut pas se mentir indéfiniment, il peut jouer le jeu de la perte de la face, il peut gagner sur le plan social, mais il ne peut pas gagner sur le plan individuel, et c’est là que réside le plus grand danger de ce jeu interne, intérieur et personnel.

L’Homme peut se manifester de façon héroïque dans le monde, mais si intérieurement il n’est qu’un charlatan, éventuellement la vie fera de lui une proie et il perdra naturellement son pouvoir de vie, il perdra sa capacité d’être heureux, parce que la vie travaille toujours à éliminer de la conscience de l’Homme ce qui est bas, vil, et éminemment contre-productif.

La crainte de perdre la face crée chez l’Homme un sentiment de perpétuelle insécurité. Et ce sentiment d’insécurité ouvre en lui les fenêtres de l’astral, ouvre en lui des courants d’énergie qui, avec le temps, le mineront, détruiront sa fabrique, élimineront de sa conscience la fortitude nécessaire pour contrer les évènements souvent difficiles de la vie.

L’Homme qui craint de perdre la face s’assujettit, sans s’en rendre compte, à la perpétuité de son propre mythe, c’est-à-dire qu’il perpétue en lui-même ses illusions, il perpétue ses mensonges, il perpétue ses faiblesses. Et ceci est nettement néfaste pour lui, parce que ça le force à demeurer clos sur lui-même, ça le force à ne pas ouvrir son jeu, ça le force à ne pas pouvoir parler franchement, ça le force à ne pas pouvoir échanger créativement avec les Hommes, donc essentiellement cela représente, chez lui, pour lui, une invocation à la diminution graduelle de sa sociabilité, de sa capacité d’aller chercher dans le monde des choses, des idées, qui pourraient faire de lui un Homme comparable à lui-même, au lieu de faire de lui un Homme comparable aux autres.

Ce phénomène mène à l’autodestruction à long terme, une autodestruction radicale au moins avancée, mais toujours une autodestruction, dans une forme ou dans une autre, car lorsque l’Homme a peur de perdre la face, il crée en lui une tension psychique, il crée en lui une anxiété. Et cette anxiété, avec le temps, se développe, et elle prend de plus en plus de proportions, selon son importance sociale, selon la qualité de l’action, selon le danger de son action face à lui-même, et vient éventuellement que l’Homme sent en lui, un peu comme l’on pourrait dire, une forme de cancer qui le ronge de plus en plus et qui lui enlève toute sa vitalité mentale, toute sa clarté, toute sa vibration, sa lumière, sa belle énergie. Il devient morne car il continue, pendant des années et des années, à jouer le jeu du mensonge et à s’excuser devant les autres dans le but de ne se pas présenter comme il est en réalité.

Remarquez qu’il ne s’agit pas que l’Homme se dévoile à la société, il ne s’agit pas que l’Homme dévoile ses aspects les plus profonds, intimes à la société. Mais il s’agit que l’Homme, dans son action sociale, ne cherche pas toujours à camoufler son visage, sinon il perd contenance et il ne peut pas développer la résistance émotionnelle et mentale nécessaire pour faire face à la conscience sociale qui n’est pas toujours à la mesure de l’Homme, qui n’est pas toujours au niveau de l’Homme.

Donc la perte de la face est essentiellement un phénomène de diminution de soi, elle est essentiellement une déformation de notre propre réalité, et elle ne peut pas aider l’Homme à se secourir parce qu’éventuellement il réalisera une action, il manifestera une action, et il ne pourra plus subir le jugement de la société face à cette action, probablement parce qu’elle sera trop grave ou elle impliquera trop d’énergie émotive. Et c’est là que l’Homme verra qu’il n’a pas la capacité de supporter le jugement social, et c’est là que commencera le mouvement graduel mais très rapide menant à l’autodestruction.

L’Homme qui perd la face, dans le fond, perd la farce parce que la vie c’est une farce. Il n’y a rien de sérieux dans la vie, c’est l’Homme qui rend les choses sérieuses. Donc si l’Homme perd la face, c’est qu’il perd la farce parce qu’il ne comprend pas, il ne peut pas saisir que la vie est une farce, il ne peut pas comprendre que le sérieux de son action doit être compensé par une forme intelligente en ce qui concerne sa perception de lui-même face à cette action. Sinon, il devient totalement possédé par les courants astraux de sa conscience et inévitablement la société lui rendra la vie difficile, non pas parce qu’elle lui rendra la vie difficile, mais parce que lui aura cru qu’elle le ferait s’il avait perdu la face, c’est-à-dire s’il n’avait pas joué le jeu de son propre mensonge sans arrêt.

Les êtres qui ne sont pas capables de demeurer grands dans leurs erreurs sont des êtres qui n’ont pas la puissance intérieure pour se définir et perfectionner leur action. Ce sont des êtres qui ne sont pas capables de soutenir la vision de leur propre action malgré les oppositions extérieures, donc ce sont des êtres qui ne peuvent pas passer de l’involution à l’évolution. Ce sont des êtres qui ne sont pas ou qui ne pourront pas supporter la puissante conscience créative issue de la fusion du double avec la lumière : ils auront toujours la crainte de ce que les autres pensent, ils perdront constamment la face, ils ne pourront jamais en arriver finalement à développer une identité qui est ou qui ne peut être fondée que sur le lien étroit entre l’ego et sa propre intelligence créative.

L’identité réelle de l’Homme naît de son lien avec la lumière, elle ne peut pas naître de son lien psychologique, si vous voulez, avec la société. L’Homme n’a pas – l’Homme conscient – n’a pas à vivre les commandements de la conscience sociale. Il doit respecter les lois sociales, mais il n’a pas à vivre les commandements des lois sociales, puisque ces commandements font partie de l’infection de la conscience sociale contre l’Homme, et c’est l’Homme lui-même qui, naturellement, en crée les conditions, c’est l’Homme lui-même dans son inconscience qui devient responsable du pouvoir de la conscience sociale contre lui.

La société prendra toujours l’espace dont elle a besoin contre l’Homme. C’est normal puisque la société représente une grande quantité d’individus, donc une grande masse, donc une grande astralité. Mais la vie ne se vit pas seulement en relation avec la conscience sociale, la vie se vit par rapport à soi-même. Et si l’Homme apprend à vivre sa vie par rapport à lui-même de façon intégrale, il n’aura jamais de problème avec la société, il n’aura jamais de problème avec la conscience sociale parce que, vivant ou connaissant une conscience intégrale, il sera tellement balancé dans ses énergies, son état mental et son état émotionnel représenteront tellement une perfection dans la dynamique de l’énergie, que la société au contraire bénéficiera de sa conscience. La société aimera l’entendre, la société aimera travailler avec lui, et naturellement, parce qu’il sera créatif, il n’aura jamais rien à se reprocher.

Mais si l’Homme n’en arrive pas à une conscience de plus en plus intégrée et qu’il vit sa conscience psychologique en fonction de son passé, en fonction de sa mémoire, en fonction des mécanismes, des habitudes, des impressions, des influences, il est évident que sa personnalité prendra le dessus sur sa personne et qu’il fera des erreurs, et que de ses erreurs, il sera impuissant à sentir, réaliser son intégralité. Et de là, il cherchera à ne pas perdre la face devant une société qui lui semblera, à ce moment-là, extrêmement agressive.

Perdre la face est une habitude dégénérative chez l’Homme. Et l’être qui vit cette habitude doit rapidement s’en défaire parce qu’il perdra de plus en plus un point d’appui essentiel de sa conscience, il perdra constamment de l’essence et, graduellement, il s’enlisera dans une sorte d’autodestruction qui lui enlèvera de plus en plus le pouvoir de remédier à ses faiblesses, à ses failles.

La perte de face peut devenir un jeu très dangereux, étrangement dangereux chez l’Homme. Et plus il jouera ce jeu, plus il sera forcé de s’en débarrasser, dans la mesure où sa vie mentale deviendra de plus en plus en danger.

Un Homme qui se conscientise, par contre, et qui a cette habitude de façon suffisamment prononcée, peut en arriver à contrôler cette habitude parce qu’il peut facilement commencer à comprendre le jeu de la personnalité, le jeu de la pensée subjective, l’astralisation de son moi. Donc l’Homme qui se conscientise a l’opportunité de transférer sur un plan supérieur ses pensées, ses énergies mentales, afin de dépolluer son corps émotionnel et de dépolluer son esprit, dans le but éventuel de reconnaître que son identité ne peut être fondée que sur lui-même et jamais plus sur le consensus social.

L’Homme conscient, l’Homme intégral ne pourront jamais vivre leur vie mentale en fonction ou par rapport à la conscience sociale, bien qu’ils respecteront parfaitement la conscience sociale. Mais l’Homme conscient ne pourra jamais souffrir de perdre la face parce que le visage de sa propre réalité sera un visage sur lequel les traits de l’inconscience, les traits de la faiblesse, les traits du mensonge, les traits de la crainte n’existeront pas. Donc le visage de l’Homme conscient sera un visage lumineux, ce sera un visage qui portera le signe de sa propre grandeur. Mais l’Homme qui est encore à un niveau d’inconscience et d’involution, qui est encore prisonnier d’un grand nombre d’habitudes dont celle de perdre la face, doit commencer à comprendre qu’il n’y a rien en lui qui ne puisse être transformé, qu’il n’y a rien en lui qui ne puisse être amené à une vision claire de la réalité.

Donc pour l’Homme nouveau, la perte de face représente simplement un trait mécanique de la personnalité qu’il pourra facilement éliminer dans la mesure où il commencera à prendre conscience de l’importance de sa propre personne. Donc la perte de face représente chez l’être humain une imperfection caractérielle, elle représente une diminution de l’affection que l’on a pour soi-même, elle représente une imperfection dans la nature mentale de l’ego.

Ceci, avec le temps, avec l’évolution de la conscience, se corrige et permet à l’Homme de réaliser jusqu’à quel point il était ridicule, parce que perdre la face ou avoir peur de perdre la face, c’est effectivement très ridicule. Mais ce n’est ridicule que dans la lumière de l’intelligence créative de l’Homme, alors que dans la noirceur de l’intelligence involutive, ça devient pour l’Homme extrêmement sérieux, extrêmement important.

Donc l’Homme nouveau passera du sérieux des conventions psychologiques de l’ego pour en arriver à la légèreté de la croissance intégrale, et au lieu de perdre la face, il se créera un nouveau visage.

mise à jour le 20/06/2024

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