CP-213 Être content ou mécontent de soi-même

“L’être humain a beaucoup de difficulté à réaliser, à percevoir, à savoir ce qui vient de l’ego en lui. Il lui est très difficile de mettre le doigt sur ce qui est égoïque et sur ce qui est créatif. La raison, ou une des raisons, c’est que …” BdM

 

En Français vous lisez la transcription manuelle de la conférence de BdM, dans une autre langue la traduction par une intelligence artificielle (AI) de cette transcription manuelle, donc le résultat est à interpréter avec discernement.


L’être humain a beaucoup de difficulté à réaliser, à percevoir, à savoir ce qui vient de l’ego en lui. Il lui est très difficile de mettre le doigt sur ce qui est égoïque et sur ce qui est créatif. La raison, ou une des raisons, c’est que l’Homme refuse de s’admettre qu’il n’est pas réel. Il préfère se donner ou se créer l’impression qu’il l’est afin de se sécuriser psychologiquement et aussi dans le but de se donner, au cours de l’action, une certaine valeur spirituelle ou psychologique qui lui permettrait d’être content de lui-même.

Mais être content de soi-même, ce n’est pas suffisant parce qu’être content de soi-même nous invite, sans que nous le réalisions, à perpétuer le mythe de nous-mêmes. Nous cherchons dans la vie à être contents de nous-mêmes parce que nous avons un contrat intérieur à vivre avec nos faiblesses. Et ce contrat est basé sur la perception que nous avons de nous-mêmes en relation avec le monde extérieur, de sorte que nous sommes forcés, constamment, au cours de la vie, à aiguiser la pointe de notre crayon égoïque afin de nous écrire les lettres que nous aimons entendre.

Être content de soi-même équivaut à être satisfait avec soi-même, c’est-à-dire à prendre en considération ce que nous avons fait dans le cadre étroit de notre perception du bien ou du mal de ce que nous avons fait. Donc lorsque nous sommes contents avec nous-mêmes, nous nous forçons à vivre un certain statu quo qui nous garde prisonniers de notre irréalité et nous empêche de pénétrer dans le domaine plus profond de notre réalité. Être content avec soi-même c’est un peu comme nous donner l’occasion, ou toutes les occasions possibles, de porter sur notre tête un chapeau qui nous fait bien parce qu’il invite le monde extérieur à bien nous regarder.

L’ego est une partie de l’Homme qui se joue constamment des “games”, qui constamment essaie de passer pour ce qu’il n’est pas, c’est-à-dire pour ce qui est plus facile d’être dans des apparences extérieures. Et ceci, ce jeu, ne peut pas continuer indéfiniment chez l’Homme qui se conscientise parce que les lois de l’esprit demandent, éventuellement, que l’Homme en arrive à vivre sa vie en fonction d’un état d’esprit basé sur la relation étroite entre lui-même, égoïquement, et lui-même, cosmiquement.

Et ceci demande naturellement, ou force l’Homme à se regarder dans un cadre nouveau de sorte que ce qui, dans le passé, l’avait contenté n’est plus suffisant, parce qu’il s’aperçoit que le contentement était basé sur les désirs personnels de l’Homme en relation avec les perceptions qu’il avait de sa propre valeur, lorsqu’en fait cette valeur de lui-même n’était qu’une valeur fondée sur des aspects involutifs, inconscients, d’un ego incapable de se surréaliser, c’est-à-dire d’aller au-delà de ce qui a été imprimé, au cours de son involution, dans un mental inférieur, un mental incapable de percevoir une dimension supérieure de son intelligence.

Pour que l’Homme dépasse le niveau du contentement personnel pour en arriver finalement à pénétrer dans la grande sphère créative de son intelligence, de sa conscience, il lui faudra perdre l’habitude de se voir comme il est et de se garder ou de vouloir se garder comme il est parce qu’il n’est pas capable de faire autrement. L’Homme doit toujours faire autrement parce qu’il est autrement de ce qu’il est : il est autrement grand, il est autrement intelligent, il est autrement plus profond.

Donc il se doit, à un certain niveau, d’en arriver à réaliser ce potentiel qui ne pourra être réalisé que dans la mesure où il sera capable d’admettre que ce qu’il est, même si ce qu’il est apparaît être bien, que ce qu’il est n’est, dans le fond, que le produit de certaines apparences qui pour le moment lui conviennent, mais qui demain, probablement, ne lui conviendront plus, à partir du jour où il aura commencé à sentir la présence et la pression de son esprit voulant transmuter le matériel inférieur de sa conscience pour élever son intelligence, et l’amener à développer une volonté créative, au lieu de vivre une conscience fondée sur des apparences auxquelles l’ego se rattache parce qu’à l’intérieur de ces apparences, il se sent content de lui-même.

Et le même phénomène existe pour l’être qui n’est pas content de lui-même. Ne pas être content de soi-même, c’est ne pas réaliser qu’il existe en soi-même des dimensions qui doivent être réalisées et c’est se créer de l’amertume personnelle, c’est se vicier l’air intérieur pour aucune raison autre que celle qui nous fait nous regarder avec des yeux qui ne sont pas des yeux réels mais des yeux astralisés, des yeux à travers lesquels la lumière astrale, constamment, nous donne l’impression d’être plus petit que les autres.

Et ceci est une illusion profonde parce que l’Homme n’est jamais plus petit que l’autre Homme. Il s’agit simplement pour lui d’en arriver à cesser d’être mécontent de lui-même, pour ne prendre conscience que de la limitation présente de lui-même, afin d’en arriver éventuellement à mettre le doigt sur cette partie de lui, ce centre de force qui lui permettra finalement de réaliser qu’il est aussi bien, aussi grand que les autres.

Si nous vivons simplement le contentement avec nous-mêmes, la vie nous créera des situations où nous devrons connaître le mécontentement avec nous-mêmes parce que la vie fonctionne ainsi ; la vie, constamment, perce l’individu parce que l’individu doit en arriver un jour à se fondre avec elle. Donc être content avec soi-même est une forme égoïque de perception de soi. Elle est absolument insuffisante face à l’esprit de l’Homme. Dans le cas du mécontentement avec soi-même, c’est la même chose : la vie nous donnera un jour la chance de vivre un certain contentement. Donc nous passerons du contentement à l’incontentement, donc nous vivrons la polarité psychologique du moi face à la réalité invisible de la vie, qui s’impose sur l’Homme tant qu’il n’a pas compris qu’il ne s’agit pas pour soi, dans la vie, d’être content avec soi-même ou d’être mécontent avec soi-même, mais d’être simplement soi-même.

Mais être soi-même demande une synthèse de ces deux aspects de la polarité égoïque. Et ces deux aspects ne peuvent devenir créatifs dans la conscience humaine, ou évidents à la conscience de l’Homme, tant qu’il ne s’est pas débarrassé des mécanismes psychologiques de l’ego qu’il utilise chaque jour pour se donner l’impression d’être ceci ou de ne pas être cela. La vie est au-delà de la conscience de l’Homme. Elle est au-delà, plutôt, de l’inconscience de l’Homme, et elle se fonde avec la conscience de l’Homme lorsque ce dernier commence à réaliser que son contentement ou son mécontentement ne relève que de la participation astrale des forces de vie en lui.

Et lorsque l’Homme aura réalisé ceci, il verra effectivement que son contentement ou son mécontentement ne sont que des dimensions psychologiques de son existence ; qu’en réalité il existe au-delà de cette polarité une grande possibilité créative de vie, permettant au mental humain conscientisé de s’ajuster constamment à une vibration créative faisant partie de la source de l’origine de sa conscience et devant éventuellement se manifester dans le monde de la matière.

Mais si l’Homme demeure prisonnier du contentement avec lui-même, il est évident que la vie le forcera à aller plus loin, s’il est marqué pour aller plus loin. Et dans le cas contraire où il est mécontent avec lui-même, la vie aussi le forcera à mettre de côté cette attitude négative face à lui-même pour en arriver finalement à découvrir les grandes possibilités de son être intérieur.

Mais qu’est-ce que l’être intérieur de l’Homme ? L’être intérieur de l’Homme est simplement la résolution de la dualité d’être content ou d’être mécontent avec soi-même. L’être intérieur est la participation libre de l’Homme égoïque à une activité créative qui ne convient pas à la particularité de son ego inconscient, mais qui convient simplement à la multiplicité de ses caractéristiques supérieures en relation desquelles il est capable de se donner, sur le plan matériel, une pleine vision de lui-même, c’est-à-dire une capacité créative d’interpréter son action en fonction d’un bien-être constant, permanent et grandissant, au lieu d’un bien-être temporaire ou d’un malaise aussi temporaire.

Les êtres qui ont la conscience d’être contents avec eux-mêmes vivent, sans s’en rendre compte, un certain orgueil mental inférieur/ego, ainsi que les êtres qui vivent le mécontentement avec eux-mêmes vivent une certaine humiliation d’eux-mêmes face à la réalité de leur propre ego. Et dans les deux cas, ces êtres ont à voir plus loin dans la nature de leur expérience psychologique, pour finalement découvrir que la raison d’être de leur vie n’est pas fondée sur le principe égoïque mais bien fondée sur le principe de la descente d’une certaine énergie à travers l’ego, qui doit être perçue de façon intégrale et non pas simplement interprétée en fonction d’une infériorité ou d’une supériorité de l’ego.

Lorsque l’Homme aura compris ceci, il verra que la réalisation du soi, que la progression de la conscience et que la paix de l’esprit ne peuvent naître que dans l’annihilation totale de cette polarité.

Lorsque nous sommes contents avec nous-mêmes, c’est que nous avons atteint un certain objectif dans notre vie inconsciente, mais cet objectif de la vie inconsciente ne fait pas partie du mouvement créatif de la vie consciente, il fait encore partie de l’expérience de l’Homme. Et nous découvrons avec certitude que lorsque nous sommes contents avec nous-mêmes, la vie nous apporte toujours autre chose pour tester jusqu’à quel point nous sommes capables de demeurer neutres au-delà de cette perception, et c’est là que nous devenons mécontents avec nous-mêmes. Et c’est pourquoi l’Homme est constamment testé dans la vie ; c’est pourquoi il n’y a pas de permanence dans la vie : une journée il va bien, une journée le travail va bien, une journée ensuite il va mal et le travail va mal.

Donc être bien dans sa peau va au-delà d’être content avec soi-même. Être bien dans sa peau se résout simplement à devenir de plus en plus libres dans la perception égoïque de notre moi afin que l’énergie puisse se canaliser, afin que nous puissions, avec le temps, être tellement habitués à cette canalisation que nous perdons le besoin d’être contents avec nous-mêmes. Et dans le cas opposé où nous sommes mécontents avec soi-même, c’est la même chose. La vie travaille toujours chez l’Homme – qu’elle travaille dans une direction ou dans une autre – elle amène toujours l’Homme à la synthèse de sa polarité. Que l’Homme passe par le mécontentement ou le contentement, il vivra toujours l’expérience, et la vie se servira toujours de l’expérience pour l’amener à réaliser qu’il doit vivre créativement au-delà de l’expérience, donc au-delà du jugement personnel qu’il se donne dans la vie en tant qu’ego.

Être mécontent avec soi-même est une question simplement de perception. Tant que cette perception demeure sur le plan égoïque, nous sommes impuissants à changer notre condition, mais aussitôt que cette perception s’élève et va au-delà de la conscience égoïque de l’Homme et qu’il réalise que ce mécontentement avec lui-même naît de la mauvaise traduction de son énergie créative sur le plan matériel, il peut alors commencer à voir et à réaliser les obstacles ou les mécanismes en lui qui créent cette perception de lui-même. Donc il s’ouvrira devant lui des portes nouvelles à travers lesquelles il pourra reconnaître, éventuellement, l’illusion psychologique de son ego.

Nous avons toujours tendance, que nous soyons contents ou mécontents avec soi-même, à ramener la valeur psychologique de notre moi en fonction de notre habilité ou de notre inhabilité. Ceci est un jeu très dangereux, très dangereux que se joue l’ego, parce qu’il s’empêche de voir ou de réaliser qu’au-dessus de lui, il existe, et travaillent constamment des forces psychiques qui cherchent à se placer, d’une façon ou d’une autre, en relation avec ses principes.

Et si l’Homme en arrive un jour à dépasser la “conjection” psychologique de son ego, que ce soit une “conjection” basée sur l’aspect positif du contentement ou l’aspect négatif du mécontentement, il verra qu’il existe au-delà de cette “conjection”, une très grande capacité créative d’enregistrer des vibrations dans un mental égoïque qui n’est plus affecté par la qualité émotive et astrale de sa conscience inférieure.

Donc l’Homme qui est content avec lui-même deviendra un Homme créatif. L’Homme qui est mécontent avec lui-même deviendra un Homme de plus en plus créatif, et les deux êtres, éventuellement, se rejoindront parce que la créativité est universelle, de sorte qu’éventuellement le mécontentement et le contentement, qui sont deux formes d’illusion – l’une positive et l’autre négative- s’effaceront devant cette nouvelle conscience. Et nous verrons apparaître un Homme nouveau, c’est- à-dire un Homme qui n’est plus assiégé par la polarité psychologique de son ego, selon son histoire, sa civilisation, sa culture, son évolution personnelle.

Nous sommes contents avec nous-mêmes parce que nous voulons nous assurer d’avoir conquis l’expérience de la vie ou une part de cette expérience. De la même façon, nous sommes mécontents avec nous-mêmes parce que nous avons perdu de vue que nous valons, sur le plan de l’expérience, autant que celui qui est content de lui-même. Ce n’est pas la valeur de l’expérience dans la vie de l’Homme qui doit être jugée positive ou négative, c’est la qualité mentale de sa compréhension des lois occultes de sa vie profonde.

Si l’Homme juge sa vie en fonction de son expérience seulement, il verra la polarité surgir devant ses yeux et il se classera parmi les êtres contents ou mécontents. Donc sur le plan égoïque, il fera toujours la même erreur : il se créera un centre mental inférieur, assujetti à une forme d’émotivité, et il ne pourra pas composer avec les aspects créatifs et puissants de son être lumière, de son être universel, de sa partie cosmique. Donc dans les deux cas, l’Homme peut faire une erreur profonde et s’empêcher d’aller plus loin dans la conscientisation de son principe mental.

Et l’Homme a besoin de conscientiser son principe mental car ce n’est qu’à partir de cette conscientisation qu’il pourra se libérer de la polarité égoïque du jugement personnel face à l’expérience. Ce n’est qu’en fonction de cette conscientisation qu’il en arrivera un jour à réaliser que la vie en elle-même représente la totalité de ses propres possibilités, dans la mesure où il est capable d’en comprendre les principes.

Si l’Homme n’est pas capable de comprendre les principes de la vie – qu’il soit content ou mécontent de lui-même – il ne pourra jamais en arriver, un jour, à élever sa conscience au-delà du besoin psychologique de se donner une valeur, et ceci demeurera pour lui une souffrance constante. L’ego ne peut pas toute la vie durant mesurer la valeur de son expérience. Il doit un jour en arriver à pouvoir créer, à pouvoir respirer, être libre dans le mouvement créatif de cette énergie qui fait partie de lui sur le plan universel, sinon la vie est constamment un travail, une lutte, une confrontation avec la réalité de l’expérience.

La psychologie de l’Homme telle qu’elle est vécue aujourd’hui dans le monde, surtout dans le monde occidental, surtout dans le monde qui a été christianisé, est une psychologie fondée sur la dualité du rapport entre l’ego et la vie environnante, à partir de tous les niveaux de cette vie. Et ceci est une étrange expérience pour l’Homme de l’involution parce que ça le force à ne jamais pouvoir percevoir qu’il est autre chose que ce qu’il peut présentement manifester. Donc selon son involution, selon son expérience, selon son “background”, si vous voulez, il est soit choyé, entre parenthèses, par la vie, ou il manque d’une certaine abondance. Et dans les deux cas, la vie assumera le rôle de transformer sa matière pour l’amener éventuellement à connaître le vide créatif de sa conscience qui s’est établi, à partir du moment où l’Homme est capable de se désengager psychologiquement ou égoïquement du jugement personnel de son expérience face à lui-même.

Ceci n’est pas facile parce que l’Homme est doté de mécanismes psychologiques qui lui permettent de mesurer jusqu’où il en est arrivé dans la vie. Mais si l’Homme mesure jusqu’où il en est arrivé dans la vie à partir d’une conscience égoïque positive ou négative, il verra naturellement avec le temps que ce jugement est partiel, qu’il est relatif à ce que la vie lui a donné, au lieu d’être absolu en fonction de ce que, lui, peut se donner dans la vie.

L’Homme, avec le temps, doit devenir le maître absolu de son expérience. Il doit cesser de vivre son expérience en fonction des particularités de la vie, en fonction de la programmation, en fonction de son “background”. Il doit pouvoir transmuter la totalité de son expérience en une force créative dont l’aspect universel coïncidera parfaitement avec la qualité vibratoire de son énergie. Sinon, l’Homme, quelle que soit son expérience, qu’elle soit positive ou négative, sera forcé de constamment substituer sa réalité à une irréalité ou pour une irréalité, soit positive comme celle du contentement avec soi-même, ou négative comme celle du mécontentement avec soi-même.

Donc l’Homme demeurera vissé à la vie planétaire inconsciente et il demeurera vicié par la pollution psychologique de son moi qui n’est pas capable de comprendre que la vie est quelque chose qu’il doit lui-même créer à partir d’une volonté fondée sur le principe de l’intelligence, en relation avec un certain niveau de perception créative de lui-même, niveau qui devient de plus en plus élevé dans la mesure où l’Homme devient de plus en plus intelligent et de plus en plus volontaire.

Vous avez certes remarqué le cas où, par exemple, dans une course vous avez des individus qui partent les premiers et d’autres qui partent les derniers. Et ce n’est pas parce que des individus partent les premiers dans la course qu’ils en arriveront finalement à gagner la course ! Pourquoi ? Parce que la course, un peu comme la vie, demande qu’un individu en arrive finalement à générer la puissance créative interne, autrement dit la volonté et l’intelligence, pour en arriver à la finalité de la course. Que les Hommes soient choyés par la vie, sur le plan de la programmation, ou qu’ils soient moins choyés par la vie, sur le plan de cette même programmation, n’a rien à faire, n’a absolument rien à faire avec leur éventuelle victoire sur la vie. D’ailleurs l’Histoire de l’Homme le prouve.

Ce qui permettra à l’Homme de conquérir la vie dépendra de sa volonté et de son intelligence et non pas de la programmation qui lui a été assignée en tant qu’âme venant dans le corps matériel. Ceci est extrêmement important. Ceci doit être compris par l’Homme nouveau parce que s’il ne comprend pas ceci, il passera son temps à croire qu’il est plus facile à ceux qui ont été bien dotés de gagner la course, et ceci est une illusion. Et ceux qui seront bien dotés auront l’impression d’être avancés sur les autres, et ceci aussi sera une illusion.

L’Homme nouveau découvrira que la vie ne se vit pas comme il le croit, qu’elle ne se vit pas selon les perceptions qu’il a d’elle. La vie se joue, se vit d’une autre façon. La vie est un processus créatif qui met l’Homme devant des possibilités que lui, selon sa volonté et son intelligence, en arrive éventuellement à rendre dans son expérience.

Donc que l’Homme soit content avec lui-même ou mécontent de lui-même ne change absolument rien dans la nature de la vie ; ça ne change que l’aspect psychologique de son existence. Mais dès que l’Homme passera de l’existence à la vie, il verra qu’il ne pourra pas vivre en fonction de cette polarité, que cette polarité ne sera que l’expression involutive de sa conscience personnelle, en relation avec les perceptions du monde extérieur qu’il a toujours, et qui font partie de la nature même de la psychologie de son ego qui n’a pas encore été libéré de la mémoire. Beaucoup de personnes qui sont contentes avec elles-mêmes, ainsi que d’autres qui ne le sont pas, s’aperçoivent un jour ou un autre, que la vie se manifeste d’une telle façon que l’Homme, dans le fond, n’a jamais la chance, l’opportunité de la contrôler tant qu’il est polarisé dans sa perception d’elle.

Ce n’est que lorsque l’Homme sera arrivé à un niveau de synthèse, à un niveau où il ne vivra plus en fonction d’un contentement ou d’un mécontentement, qu’il pourra la contrôler cette vie, c’est-à-dire lui donner la valeur dont il a besoin afin qu’il puisse être bien dans sa peau. Mais pour que l’Homme donne à la vie, à sa vie, la valeur dont il a besoin pour être bien dans sa peau, il lui faut avoir dépassé la polarité psychologique de son ego face aux valeurs existentielles auxquelles il est habitué de se conformer. La vie n’est pas un processus de conformisme, la vie est un processus créatif.

Si l’Homme est content ou mécontent avec lui-même, c’est qu’il se conforme à une certaine version des faits de sa propre vie, c’est-à-dire qu’il vit sa vie, ou son existence plutôt, en fonction de certaines capacités ou de certaines incapacités. Mais ceci est une illusion parce qu’il n’existe pas dans l’Homme simplement de la capacité ou de l’incapacité. Il existe dans l’Homme de l’intelligence et de la volonté qui, elles, créent une potentialité. C’est la potentialité dans la vie qui doit, la première, fixer l’Homme dans un avenir qui coïncide parfaitement avec ses besoins, et non pas simplement des capacités ou des incapacités.

Toute capacité dans la vie peut être brisée par la vie, comme toute incapacité dans la vie peut être retournée. L’Homme est un être en puissance. Il n’est pas simplement un être de capacité ou d’incapacité. La puissance de l’Homme ne fait pas partie de l’existence de la vie, elle fait partie de son esprit.

Lorsque l’Homme prendra conscience de son potentiel, lorsqu’il prendra conscience de sa puissance, c’est parce qu’il aura dépassé l’illusion de la capacité positive ou de l’incapacité négative. Ce n’est qu’à ce moment que l’Homme comprendra la nature de sa vie et qu’il deviendra libre. Ce n’est qu’à ce moment qu’il verra que la condition essentielle pour l’Homme, sur la Terre, est de transmuter la polarité de sa conscience psychologique, pour en arriver finalement à la perception réelle, fondamentale et absolue de ses besoins, ses besoins n’étant que la manifestation créative de son esprit à travers un ego réalisé.

Ce n’est pas parce qu’un Homme est content de lui-même dans la vie qu’il en a réalisé les besoins ou qu’il a réalisé ses besoins. Il a bien réalisé ses désirs mais ses désirs ne sont pas ses besoins. De la même façon, un Homme qui vit le mécontentement dans la vie n’a pas manifesté ses désirs, donc naturellement, il n’a pas encore compris ses besoins. Les besoins sont au-delà des désirs de l’Homme, que ses désirs soient manifestés ou non. Les besoins font partie du mouvement de l’esprit à travers l’ego, et non pas simplement une réaction de l’ego à des conditions psychologiques involutives liées à sa civilisation, ou les affinités qu’il a avec elles.

Mais l’Homme a très peur du vide créatif de son esprit parce qu’il ne le comprend pas. Il est tellement habitué au faux plein d’être content avec lui-même ou du faux vide de ne pas l’être, qu’il est incapable de réaliser que le vide fait partie de la construction psychique de son moi, à partir de la lumière de son double. Si l’Homme réalisait ou comprenait la nature du vide créatif de son esprit, il serait absolument en dehors de la polarité psychologique de l’ego, donc il ne connaîtrait pas le contentement ou le mécontentement. Il serait simplement bien dans sa peau. Mais ceci est un tour de force pour l’Homme et fait partie naturellement de l’évolution de la conscience humaine sur la Terre. Et lorsque nous parlons de ce vide, nous ne parlons pas du vide mystique spirituel. Nous parlons de ce vide imposé par l’esprit afin de faire détonner dans la conscience de l’Homme les obstacles qu’il crée, un peu comme un castor dans la rivière de la vie.

La vie est une rivière, elle est un mouvement incessant de l’énergie, et l’Homme, lui, travaille, agit comme un castor. Il freine le mouvement de la vie : il édifie des barrages et si les barrages sont solides, il dit qu’il est content avec lui-même, et s’ils ne le sont pas, il dit qu’il est mécontent avec lui-même, alors que la vie continue, elle, son processus. Elle l’entraine constamment à créer des barrages qui demeurent ou qui s’effondrent.

Donc l’Homme, lui, le pauvre, devient content avec lui-même ou mécontent avec lui-même. Si l’Homme, par contre, à un certain moment de son évolution, en arrive à réaliser un peu le jeu de la vie et qu’il devient écœuré que la vie le force à faire des barrages qui tiennent ou qui cèdent, à ce moment-là l’Homme commence finalement à entrer dans l’intelligence créative de son mental. Il commence à faire descendre la volonté, il commence à voir le jeu de la vie, il commence à organiser sa vie, il commence à solidifier sa vie. Autrement dit, il commence à vivre en relation avec une vie qui devient de plus en plus présente, de plus en plus non menaçante, de plus en plus égale à lui-même.

Mais pour que la vie soit égale à lui-même, il faut que l’Homme cesse un jour de faire des barrages, parce que tant qu’il fera des barrages comme le castor, il est évident que la puissance des eaux de la vie fera sauter ces barrages. Même s’ils ne cèdent pas tout de suite et que l’Homme est content de lui-même, ils céderont avec le temps, parce que tous les barrages ne peuvent pas résister à la vie. S’ils cèdent avant le temps, l’Homme sera mécontent de lui-même, ce sera une perte d’énergie.

Donc l’Homme doit en arriver finalement à pouvoir vivre en relation avec le mouvement des eaux de la vie d’une façon créative, c’est-à-dire il doit en arriver à être capable de supporter la puissance créative de ce mouvement. Et elle est là la force de l’Homme, elle est là la créativité de l’Homme, il est là son potentiel, elle est là sa liberté. Mais il y a un prix à payer naturellement parce que vivre du mouvement de cette rivière sans ériger des barrages, ce n’est pas facile, parce que l’Homme tout de même doit se protéger : il a besoin d’un habitat, il a besoin d’un calme, il a besoin d’une sécurité, tout ceci fait partie du barrage.

Mais l’Homme, un jour, cessera d’être un castor et il deviendra simplement une truite qui montera le courant et qui vivra en harmonie avec ce courant. Effectivement, il est plus rentable que l’Homme soit content avec lui-même que mécontent avec lui-même. Simplement, ceci n’est pas la finalité de son évolution. Qu’il soit content ou mécontent, viendra le jour où la vie le forcera à entrer dans une nouvelle dimension de lui-même.

Et c’est à ce moment-là que l’Homme, content ou mécontent, devra prendre conscience des lois de la vie, c’est-à-dire réaliser que la vie comporte sa propre façon de déterminer comment l’Homme doit vivre sur le plan matériel. Et les êtres mécontents ou contents qui prendront conscience de ceci se verront obligés de réaliser que leur situation psychologique d’aujourd’hui n’est qu’un jeu karmique, c’est-à-dire n’est que le produit de certaines situations de vie créées par le double pour les amener à raffiner leur conscience égoïque.

Tant que l’Homme s’assujettira intérieurement à des conventions psychologiques, il ne pourra pas découvrir la nature de sa pensée créative qui puisse le libérer de l’illusion d’être content de soi-même ou d’être mécontent de soi-même. Il faudra à l’Homme en arriver à se constituer une base de vie, une façon de vivre qui convienne parfaitement à ce qu’il veut réellement derrière soi : ses ambitions passagères ou son insuccès passager. Que l’Homme soit content ou mécontent de lui-même, ça ne changera absolument rien dans la nature de sa vie inconsciente : il demeurera un être inconscient, il demeurera un être qui aura besoin éventuellement de sentir la plénitude de sa vie. Ce n’est pas le contentement qui va lui donner cette perception et naturellement le mécontentement non plus.

Si l’Homme est content de lui-même, c’est qu’il a atteint un certain niveau de succès dans la vie en ce qui concerne ses ambitions et ses désirs personnels. Mais ceci n’est pas une garantie pour lui, comme la vie l’a toujours démontré. Donc cet Homme doit en arriver un jour, et il le fera s’il est amené à une transformation interne, à dépasser la qualité psychologique de sa vie pour entrer dans l’aspect vital de sa conscience.

mise à jour le 20/06/2024

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