FP-084 La conscience psychologique des nations

“FP : Bonjour à tous. On entre dans le temps de Noël, c’est le temps où on coupe les sapins. Vous êtes-vous déjà demandé quel était le bruit que faisait un sapin que l’on coupe, s’il n’y avait pas d’observateur pour le voir tomber ? Il ne fait aucun bruit, autrement dit le monde n’existe que parce qu’il y a des …”

 

En Français vous lisez la transcription manuelle de la conférence de BdM, dans une autre langue la traduction par une intelligence artificielle (AI) de cette transcription manuelle, donc le résultat est à interpréter avec discernement.


François Payotte (FP) : Bonjour à tous. On entre dans le temps de Noël, c’est le temps où on coupe les sapins. Vous êtes-vous déjà demandé quel était le bruit que faisait un sapin que l’on coupe, s’il n’y avait pas d’observateur pour le voir tomber ? Il ne fait aucun bruit, autrement dit le monde n’existe que parce qu’il y a des observateurs.

Ça fait une dizaine d’années que j’anime des conférences en public, et j’ai décidé de prendre une année sabbatique en 89, donc pour la plupart d’entre vous, je vous fais mes adieux, et je veux dire aussi que, quand je parle du sapin qui tombe sans faire de bruit, s’il n’y a pas de spectateur pour le voir, pour l’entendre, c’est simplement pour vous remercier d’avoir été là, car si vous n’aviez pas été là, je n’existerais pas non plus.

C’est vous autres qui nous avez mis au monde, sans vous il n’y aurait ni François Payotte, il n’y aurait, non plus, ni Bernard de Montréal. Ça fait que là on s’apprête à accueillir Bernard de Montréal, et au moment où il va entrer, je vous demande de vous applaudir vous-mêmes cette fois-ci. On accueille Monsieur Bernard de Montréal. (Applaudissements).

On aborde ce soir Bernard, un thème qui passionne le monde. On l’a déjà abordé à deux reprises : “La psychologie des Nations”. On a fait à peu près le tour de la planète mais il nous a manqué dans notre inventaire, je me souviens, deux pays, un continent : l’Australie, on n’avait pas eu assez de temps pour en parler, et le Japon. Et je me souviens qu’à la fin de cette interview, vous avez dit : “C’est dommage qu’il manque du temps pour parler du Japon, c’est très très intéressant”. Est-ce que vous vous souvenez de ces moments-là à peu près ?

Bernard de Montréal (BdM) : Bon.

FP : Moi, je me souviens d’une chose, c’est qu’à travers les deux interviews où il était question de la conscience psychologique des Nations, vous faisiez une différence très nette entre une Nation et un Peuple. Alors en guise d’introduction, j’aimerais que vous nous fassiez une définition de ces deux globalités, ce qu’est une Nation pour vous, et ce qu’est un Peuple, collectivement.

BdM : Une Nation, c’est une entité légale, c’est une entité organisée selon un plan d’évolution historique. C’est une entité qui a une personnalité définie par les liaisons entre elle et les autres Peuples, les autres Nations. Une Nation, c’est la personnalité d’un Peuple. Un Peuple, c’est la personne d’un groupe. Si on prend la personnalité humaine, si on prend l’Homme, l’Homme a une personnalité, il a une personne. La Nation est à la personnalité ce que le Peuple est à la personne, donc ce qui est très très vital chez une collectivité, c’est le Peuple et non la Nation.

Le problème aujourd’hui, c’est que nous parlons plus de Nations que de Peuples, nous nous occupons plus des Nations que des Peuples. Nous avons élevé la psychologie de ces collectivités, qu’on appelle la politique active, nous l’avons élevée à un niveau d’aliénation sur le plan mondial, de sorte que les humains ou les groupes, ou les collectivités, qui devraient bénéficier d’un État de personnes, autrement dit les individus qui devraient bénéficier d’appartenir à un Peuple, appartiennent de moins en moins à un Peuple, ils appartiennent de plus en plus à des Nations.

Et nous avons ce phénomène-là un peu au Brésil, ça se passe, c’est plus évident au Brésil, vous avez au Brésil des populations autochtones qui côtoient des groupes plus civilisés, si vous voulez, et bien que le Peuple Brésilien ou la Nation Brésilienne s’occupe de ces populations autochtones, il y a beaucoup à faire. Les pressions qui sont émises, les pressions mondiales, au niveau de la Banque Mondiale, au niveau des prêts bancaires, qui sont émises par rapport au Brésil, forcent ce groupe, cette Nation, souvent à prendre des décisions qui vont contre l’intérêt du Peuple.

C’est très important en politique, et je crois que dans mon troisième volume sur la politique mondiale, je vais être très clair sur ce point-là, c’est très important pour les Hommes politiques, pour les Hommes qui travaillent dans l’évolution de la conscience historique, dans l’évolution de la conscience des collectivités, les Hommes qui travaillent à développer des programmes, des agences, ainsi de suite, s’occupent de bien comprendre la différence entre une Nation et un Peuple.

Parce que si nous ne faisons pas ceci, au vingt-et-unième siècle, ce sont les Peuples qui vont réagir à la Nation. Le Peuple, c’est l’âme d’une collectivité. Un Peuple, ça ne peut pas être indéfiniment trahi par une politique quelconque. Un Peuple, ça ne peut pas être indéfiniment trahi par des conditions économiques qui, souvent, font partie d’un système de vases communicants. Les individus, dans une collectivité telle qu’un Peuple, ont besoin d’être reconnus par la Nation.

Autrement dit par les agences qui façonnent la personnalité de cette collectivité, afin de prendre soin de ces individus, afin de leur assurer une certaine survie, afin de leur donner un certain équilibre, et dans un même temps, promouvoir sur le plan national, des forces ou des rendements qui servent autant à cette collectivité nationalement que sur le plan de ces ethnies, de ces Peuples. Et ce que je reproche aujourd’hui à la politique mondiale, c’est que l’interdépendance des Nations est devenue tellement grande que les Peuples sont en train d’en souffrir.

FP : On peut donc dire qu’une Nation, ce serait un peu ce qui exprime l’âme de la collectivité, et le Peuple serait l’Esprit de cette collectivité-là ?

BdM : Non, non, le Peuple c’est l’âme, il n’y a pas d’Esprit sur la Terre, il n’y a pas d’Esprit chez les collectivités, l’Esprit, c’est au niveau individuel. S’il y avait Esprit dans une Nation, s’il y avait Esprit dans un Peuple, s’il y avait Esprit dans une collectivité, nous ferions face à un phénomène humain d’une telle envergure que ce serait la transmutation d’une civilisation totale.

Imaginez-vous si les Américains ou si les Canadiens, ou si les Russes avaient de l’Esprit, imaginez-vous ce que ces gens, en tant que collectivité, pourraient faire dans le monde ! Non, le Peuple c’est l’âme ; la Nation c’est l’organigramme psychologique de cette entité, le Peuple, ça fait partie de la légalisation de ses moyens de production, de ses activités socio-culturelles, ainsi de suite, économiques.

FP : Alors s’il n’y a que des individus qui ont de l’Esprit dans un peuple, est-ce qu’on peut s’attendre à ce que cet Esprit-là soit suffisamment développé, à un moment donné, pour qu’il y ait une confrontation entre ces Esprits évolués et l’organisation de la Nation ou du Peuple ?

BdM : Non, s’il y avait présence d’Esprit chez les individus, comme ce sera le cas au cours de l’évolution, naturellement l’influence de ces individus sur le Peuple et sur la Nation, prendrait place. Parce qu’à partir du moment où un Homme est dans son Esprit, qu’il est dans son Intelligence, il est très très peu régi par les lois de l’âme.

Donc autant il est peu régi par les lois de l’âme sur le plan de sa propre personne, autant il est peu régi par les lois de l’âme sur le plan social, sur le plan de la collectivité. Donc si nous avions des Hommes qui avaient beaucoup d’Esprit, au cours de l’évolution, ces Hommes influeraient autant sur la caractéristique des Peuples que sur la nature psychologique des Nations.

FP : Mais dans un temps de crise… Est-ce que ce n’est pas dans un temps de crise qu’on peut voir une certaine détermination, une certaine volonté politique qui s’applique à partir d’Hommes d’Esprit ? On s’approche, on est je pense dans un temps de crise vis-à-vis des Nations qui se confrontent aujourd’hui dans le monde. On regarde Israël face à la Palestine, L’Iran/l’irak, l’Irlande/l’Angleterre, il y en a des confrontations.

BdM : La volonté politique n’existe pas sur notre planète, nous sommes forcés par des conditions économiques, nous sommes forcés par des conditions politiques, à prendre des décisions. Si quelque chose va mal entre Israël et l’Égypte, les Américains font de la pression, d’autres pays font de la pression. Les Peuples n’agissent plus seuls, les Nations n’agissent plus seules. On ne peut pas parler de volonté politique.

Moi je ne vois pas de volonté politique dans le monde, s’il y avait de la volonté politique dans le monde, il y aurait une réorganisation, d’abord des Nations Unies, il y aurait une restructuration de la dynamique évolutive des Nations à l’intérieur des Nations Unies, les Nations Unies deviendraient extrêmement importantes ; des pays tels que l’URSS ou les États-Unis n’auraient pas le pouvoir d‘utiliser leur veto comme ils le veulent ou comme ils le font.

Si nous parlons de volonté politique, dans le cadre en tout cas d’une conscience évoluée, d’une conscience supramentale, d’une conscience qui n’est pas conditionnée par la mémoire, nous parlons d’une force de frappe à l’échelle mondiale, d’une conscience particularisée dans l’individualisation de l’Homme, et automatiquement transmise par mécanismes sociaux, dans une conscience sociale, sans aucune objection.

Donc il y a effectivement, il y a des moyens politiques de créer une volonté politique, ce sont des paliers. Je crois que tous les peuples devraient avoir une sorte de sénat fermé ou une sorte de cercle. Je ne crois pas à la démocratie dans sa forme actuelle, c’est un bien qui est trop minime dans sa puissance. Si nous regardons par exemple, le Politburo en Russie, nous voyons que le Politburo en Russie a beaucoup de pouvoir parce qu’il n’est pas forcé de se constituer en un processus démocratique à longue échelle ou à base très profonde dans la masse sociale.

Donc ces gens-là sont capables de prendre des décisions. Si nous regardons le mouvement nazi en Allemagne, c’était la même chose, tous les mouvements de droite, souvent, ce sont des mouvements ou des partis de droite, ce sont des groupes qui sont capables de prendre des décisions, mais à cause de l’inconscience des ces groupes, cette capacité d’utiliser la volonté, je ne peux pas dire la volonté créative, mais une certaine volonté, une certaine force de volonté, est basée sur le fait qu’un petit nombre d’Hommes prennent des décisions.

Je crois que si le Japon aujourd’hui est devenu une puissance mondiale, c’est parce qu’au Japon, on a pris les conseils de certains personnages qui sont très respectés dans la société, et on a suivi de très près ces conseils, de sorte qu’on a individualisé beaucoup plus la dynamique évolutive du Japon qu’on ne peut le faire en Orient, c’est-à-dire en Occident. Ici on dit souvent : “Ah ! Mais les pays pour protéger la liberté, doivent être pluralistes”, et je comprends que dans l’Occident, même sur la Terre en général, que les formes pluralistes de gouvernements ont plus de sauvegarde pour les individus.

Mais si nous regardons le pluralisme dans son déterminisme objectif et créatif, nous nous apercevons que les Hommes ont trop de personnalité pour pouvoir bénéficier d’un pluralisme d’une façon créative. S’il y a trop de chefs dans la cuisine, c’est très difficile d’amener le rosbeef à une cuisson qui a de l’allure. Donc ça me force en tant qu’individu qui pense ou qui écrit, de démontrer que le pluralisme, il est bon dans le sens où il a permis à l’Homme de démocratiser sa conscience politique.

Mais nous sommes arrivés aujourd’hui à un temps, surtout à la fin du vingtième siècle alors que nous allons entrer dans le vingt-et-unième siècle, nous avons besoin d’une forme de gouvernement qui saura dépasser le pluralisme démocratique du vingtième siècle pour entrer dans une nouvelle forme de gouvernement, dans une nouvelle forme de développement, dans une nouvelle forme de transfert des décisions qui, aujourd’hui, deviennent de plus en plus vitales et qui doivent être prises de façon de plus en plus rapide.

C’est pour ça que je vois que ce que les Nations auront besoin demain, toutes les Nations, ce sera une forme de gouvernement à l’intérieur duquel on aura intégré d’une façon constitutionnelle, une sorte de cercle, autrement dit on aura pris dans cette Nation, les grands penseurs, les grands ingénieurs, les grands philosophes, les grands Hommes – ça s’identifie un grand esprit dans une nation – les nations ne sont pas sans reconnaître les grands esprits qui donnent de la vitalité aux nations, donc éventuellement, on sera obligé de faire ceci.

On sera obligé de faire appel à ces Hommes et de les enfermer dans un cercle, autrement dit de créer un cercle autour d’eux, mais un cercle où ces Hommes seront capables, finalement, de prendre des décisions majeures, mais non pas simplement des décisions qui mèneraient aujourd’hui à une forme de dilettantisme, mais des décisions qui mèneraient à une actualisation d’une volonté créative à l’intérieur de ce cercle et qui, automatiquement, s’actualiseraient sur la plateforme politique, sur la plateforme économique.

Et si nous ne faisons pas ceci, à ce moment-là, nous aurons beaucoup de difficultés à sortir du pluralisme démocratique du vingtième siècle et à commencer à penser une nouvelle politique, un nouveau modèle politique pour les Nations et pour les Peuples. Je regarde la province de Québec, et le Peuple Québécois c’est un Peuple qui, au ving-et-unième siècle, pourrait très très facilement en arriver à une sorte de modalité politique où il pourrait créer un nouveau modèle de gestion politique.

Je crois que la position du Peuple Québécois, son indépendance d’esprit, sa façon de penser, sa sensibilité, peut lui permettre de créer éventuellement ce modèle politique qui permettrait à tout ce Peuple, donc à cette Nation, si elle devait devenir un jour indépendante, d’utiliser d’une façon créative et avec force, le soutien que pourrait lui offrir un certain nombre d’individus dans la Province, réunis dans une forme de cercle fermé.

Et ceci forcerait le diagramme politique de la Province, qui est fondé sur tous les autres diagrammes qui existent, à évoluer, à se transformer et à probablement amener dans le monde une nouvelle conscience politique, basée sur un modèle politique nouveau. Nous avons besoin de, non pas simplement de repenser notre politique, mais de la recréer.

Elle doit être recréée et quelque part dans le temps, il faudra qu’elle soit recréée par une Nation ou par un Peuple qui n’est pas suffisamment puissant pour en être empêché, qui est suffisamment intelligent pour l’essayer, le tester, dans la mesure où il y a suffisamment d’intelligence publique pour pouvoir recevoir une telle conception, un nouveau modèle politique. Je vous donne un exemple, un exemple qui est purement fictif…

Nous avons dans la Province de Québec, nous avons des industriels, nous avons des Hommes politiques, nous avons des Hommes qui enseignent dans les Universités, nous avons des grands médecins, nous avons des grands psychologues, donc il y a effectivement des têtes quelque part dans la Province de Québec, nous ne sommes pas tous des corps sans tête.

Donc il suffirait qu’un jour, une tête suffisamment forte, quand je dis une tête forte je ne veux pas dire une tête forte, je dis une tête en puissance, un esprit en puissance, donc qu’un jour un esprit en puissance, après qu’un certain mouvement dans cette direction ait été fait, soit par l’écriture ou par la télévision, ou par l’information, qu’on ait créé une sorte de consensus, qu’on ait parlé avec la population, qu’on ait intéressé la population.

Parce que la population en elle-même, même si elle n’est pas très érudite, elle est très intelligente, dans le sens qu’elle vit sur le plan de l’intuition – les Hommes ont une faculté intuitive qui, souvent, dépasse l’intellect rationnel mesuré de nos sociologues – donc… mais il faut absolument approcher la population ou les individus dans la population, d’une façon totalement intelligente, c’est-à-dire d’une façon qui est réellement basée sur le principe de l’actualisation de l’Esprit chez l’Homme, et non pas sur une base purement politique, purement égocentrique, ainsi de suite.

Donc à ce moment-là dans la Province de Québec, on pourrait voir un jour naître un nouveau mode, un nouveau modèle politique, et quand je dis un nouveau modèle politique, je dis un nouveau modèle politique, pas quelque chose qui est une distillation de ce qui a été créé au dix-neuvième siècle, au dix-huitième siècle ou au dix-septième siècle, quelque chose de réellement neuf, qui pourrait facilement s’intégrer dans les modèles politiques actuels, et à la fois donner à cette région ou à d’autres, une dynamique créative suffisamment puissante pour être presque instantanément reconnue dans le monde, à cause justement de l’intelligence de ce modèle politique.

Je crois que les Hommes politiques dans le monde cherchent ce modèle politique. Je crois que les Hommes politiques voudraient voir naître un nouveau modèle politique, mais il n’y en a pas eu encore de créé, il n’y en a pas eu encore d’expliqué. Pour créer une nouvelle conscience politique ou pour créer une nouvelle façon de voir la politique, il faut être très créatif ; parce qu’aujourd’hui, les petites emplettes de la démocratie pluraliste ont tellement socialisé le système que les Hommes n’ont plus la capacité de réellement créer, ils réinventent, ils réinventent, ils réinventent et ce n’est pas suffisant.

Et pour revenir à ce que je disais tout à l’heure, si le Japon aujourd’hui est une puissance mondiale, c’est parce qu’au Japon, il y a un Homme qui est tellement respecté, il a quatre-vingt-deux ans aujourd’hui, il est tellement respecté par le Peuple, par la Nation, par les politiciens, il est respecté par tous, de sorte que lui, s’il décide une journée, il dit : “On ne fait plus de caméras au Japon”, le Japon ne fait plus de caméras.

Donc ça, c’est de la volonté politique, donc qu’est-ce que c’est de la volonté politique ? Ça ne peut pas être basé simplement sur un dialogue pluraliste démocratique. Une volonté politique, ça doit être basé sur la capacité d’un certain nombre d’individus d’agir dans une mentalité harmonisée, parfaitement intelligente, et sans être encombrée par un certain niveau de stupidité populaire, qui peut être mise en action par toutes sortes d’agences, par toutes sortes de forces, ça peut être le journalisme, ça peut être la télévision, ça peut être l’opinion intellectuelle, ainsi de suite.

Ces forces-là, le journalisme, la télévision, le journalisme électronique, le journalisme de presse, les opinions ou les idées fortes dans les centres universitaires par exemple, tout ceci doit graviter vers ce centre-là. Autrement dit, là où il y a dans le monde ou dans cette société future, des éléments de diffusion, tous doivent concerter ensemble pour supporter ce cercle politique, qui représenterait la volonté politique d’une Nation.

Et je verrais à ce moment-là que, ce que nous appelons le gouvernement dans sa forme actuelle, ne soit ou ne devienne que l’expression de cette volonté politique. Autrement dit, la volonté politique, la tête décisionnelle de toute l’évolution politique de la Nation serait concentrée dans ce cercle-là, supportée constitutionnellement par le peuple, mais que le gouvernement serait obligé d’écouter à la lettre.

Autrement dit, ce ne serait plus le gouvernement qui gouvernerait, ce serait le gouvernement qui exprimerait la volonté politique de ces Hommes, puisés un peu partout dans la société, formant une sorte de forum interne, une sorte de cercle interne, de cercle très hermétique, un peu comme vous avez par exemple au niveau de la langue en France, de l’Académie Française, qui siège pendant des années et qui formule ses décisions au niveau de la langue. Ce serait quelque chose comme ça.

FP : Les immortels, ils les appellent comme ça les académiciens ?

BdM : Bon OK. Ils les appellent les immortels, mais dans le fond, ce serait l’immortalisation d’une pensée créative.

FP : Mais il doit y avoir des étapes nécessaires à l’instauration d’un tel processus. Quand je regarde ce qui se passe au Québec, il y a eu d’abord cette révolution, cette recherche, cette crise d’identité, c’est une étape qui est terminée. Après ça on a pensé au portefeuille ; les gens ont pensé d’abord à leur bien-être et ils ont élu effectivement des gens représentatifs de la finance à ce niveau-là. Donc est-ce que vous pensez qu’aujourd’hui les gens ont les poches assez pleines ? Un autre besoin primaire de satisfait pour passer à une troisième étape, et à combien de temps l’évaluez-vous cette étape-là ?

BdM : Bon.

FP : On a notre identité, on a…

BdM : Vous savez, si je me lance à parler de ce domaine-là, je ne peux pas aller trop loin parce que je ne veux pas vexer personne, et je ne veux pas non plus créer d’imagination dans la population. Je veux simplement expliquer comment je vois les choses. C’est très puissant une volonté politique telle que je la conçois, telle que je la vois, c’est très puissant.

Vous vous imaginez par exemple un peuple, comme les Québécois, qui auraient à leur tête, je donne simplement un exemple, des Hommes de mesure comme Pierre-Elliott Trudeau, Bourassa, des Hommes qui ne sont plus intéressés à faire de la politique, qui sont intéressés à faire évoluer la politique. Il y a une différence ! Des Hommes comme Lévesque, Bourassa, qui est-ce qu’il y avait, il y avait Trudeau, des Hommes dans la société, à l’Université, des ingénieurs, des chefs d’entreprise, mais pour tenir des Hommes comme ça ensemble, ça prend un Homme qui est encore plus fort qu’eux.

Donc il faut le trouver, ça ne pousse pas dans les arbres. Donc s’il y avait éventuellement un Homme, un groupe d’Hommes dans la province, suffisamment créatifs, où l’on sentirait vraiment de l’intelligence créative et non pas de l’ego, non pas de la personnalité, mais réellement de l’intelligence créative, parce que ce sont des grands Hommes ces Hommes-là, ces Hommes-là pourraient venir ensemble et former un cercle, et ce cercle-là deviendrait un centre de volonté créative.

Disons par exemple au niveau de la Province de Québec, et ces Hommes-là ensemble pourraient créer quelque chose d’absolument neuf, mais je ne vois pas que ceci se fasse sans qu’il y ait collusion entre des Hommes, comme ceux que je viens de nommer simplement pour citer un exemple, et une nouvelle mentalité qui serait vue, comprise, saisie intutivement du moins par ces Hommes, comme étant une mentalité réellement ouverte, une mentalité totalement disconnectée de l’égocentricité naturelle, involutive, des politiciens de l’involution.

FP : Ça prend donc à la tête de ces gens-là un cerveau, un espèce d’IBM, et je le verrais très bien cet IBM, quelqu’un qui aurait ces trois initiales-là, comme par exemple, je ne sais pas moi, l’Intelligence de Bernard de Montréal, ça fait IBM, ce serait un cerveau à placer à la tête.

BdM : Ça prendra des Hommes qui ont de l’Esprit. S’il y a des Hommes qui ont de l’Esprit et il y en a des des Hommes qui ont de l’Esprit. Je vais vous dire une chose, nous avons dans notre corporation, nous avons rencontré depuis quelques mois, depuis quelques mois oui, des individus qui sont venus à nous, des individus qui ont été dans la politique, des individus qui ont été dans l’entreprise.

Et nous leur avons expliqué notre philosophie corporative, et ces individus-là ont été surpris de rencontrer ou de savoir qu’il existe des gens dans le monde des affaires qui pensent comme nous pensons, et je sais très bien qu’il y a plein d’individus comme ça un peu partout dans le monde, qui ont des idées créatives mais qui n’ont pas rencontré, qui n’ont pas fait le contact, si vous voulez, avec une organisation qui a réellement les pieds très terre-à-terre, très enracinés, mais dont la tête peut aller très loin dans la compréhension évolutive d’une corporation.

Nous avons aujourd’hui un ancien sous-ministre qui est avec nous et il se porte très bien, et nous avons beaucoup de plaisir ensemble, et le type il comprend exactement ce que nous voulons dire, parce que lui aussi a intuité ça. Il y a plein d’individus, il y a plein d’Hommes d’affaires qui ont intuité, il y a plein d’Hommes politiques qui on intuité une sorte de mouvement de l’Esprit dans une direction totalement créative.

Mais ce qui s’est produit, c’est que par le passé, les Hommes qui avaient de l’Esprit avaient un gros problème, c’est qu’ils étaient trop spirituels. Un Homme qui est en politique, un Homme qui est dans les affaires, un Homme qui travaille dans le monde, un Homme qui est en sciences, ce sont des êtres qui sont “groundés”, ce sont des êtres qui ont les deux pieds sur le sol, et s’ils vont travailler avec des Hommes qui ont de l’Esprit, il faut que ces Hommes-là aient dépassé le stage spirituel de leur mental.

Parce qu’il y a trois niveaux : il y a le plan matériel, intellectuel, rationnel, il y a le plan spirituel et ensuite il y a le plan mental pur, et dans le plan mental pur, ces Hommes-là, ces Hommes de sciences, ces politiciens, tous ces Hommes, tous ces piliers de la société, peuvent très, très, très bien, et avec très grande facilité d’ailleurs, se rencontrer par rapport à un principe de vie mentale qui est neuf et qui représente l’extériorisation créative de la personne, et l’émanation puissante du cerveau humain.

Et je crois que, probablement, une des conséquences rapprochées de notre action sur le plan social, en tant que corporation, sera justement de permettre aux gens qui sont dans le monde, qui travaillent dans la construction, qui travaillent sur les chemins de fer, qui travaillent dans l’informatique, qui travaillent dans le business, qui travaillent dans la politique, de comprendre et de réaliser qu’il y a des gens d’Esprit qui ont dépassé le stage niaiseux spirituel de l’involution, pour entrer dans le stage mental pur de l’évolution.

Et que ces Hommes sont capables de gérer de grandes entreprises, ils sont capables de gérer des gouvernements, ils sont capables de gérer des universités, ils sont capables de faire éclater dans le monde des idées qui sont réellement neuves et qui font partie de l’appartenance de l’Esprit à un ego qui est finalement libre de son égocentricité, et c’est là que nous pourrons créer un modèle politique.

FP : Est-ce qu’il n’y a pas déjà des Hommes qui ont tenté par le passé d’établir ce genre de modèle ? Je pense à… je ne sais pas si vous avez lu le livre ”Sous le signe de l’abondance” ? qui était un peu le programme du parti créditif, dont on se moque peut-être aujourd’hui. Mais je conseillerais aux gens de lire ça, et je ne trouve pas que c’était utopiste. C’était des gens qui voyaient les choses avec un très grand discernement, une très grande réalité et qui fonctionnaient peut-être à contre courant de tous les modèles établis à l’époque. Avez-vous jamais lu ce livre ?

BdM : Non.

FP : Il me semble que ce monde-là, il existe au Québec, et qu’il existe un plan déjà de ce genre de gouvernement ?

BdM : Le problème…

FP : C’est le temps ?

BdM : Oui effectivement, le temps est extrêmement important.

FP : Le temps de la conscience aussi ?

BdM : Oui, oui.

FP : Il faut qu’il y ait un consensus au niveau du public, et il faut d’abord que les besoins primaires soient satisfaits certainement, ou alors un temps de crise ?

BdM : Oui, mais quand vous dites qu’il y a un temps, c’est effectivement réel, mais je sais une chose, que le temps de l’Esprit, ce n’est pas le temps de l’humanité. Autrement dit, s’il devait dans un certain temps, éclater dans le monde un nouveau modèle politique, à l’échelle où je le parle, il éclaterait parce que ce serait le temps, autrement dit ce serait le temps que l’intelligence pure se manifeste à travers les formes politiques actuelles.

Et en tout cas moi, je sais et je comprends que c’est beaucoup plus facile d’être créatif qu’on ne le croit. Effectivement la puissance derrière cette créativité elle est très grande aussi, donc pour que cette puissance soit grande, il faut qu’elle soit soutenue par les individus qui ont accès à cette créativité, et une fois qu’elle est placée cette vibration, et elle commence à être placée aujourd’hui dans le monde, une fois qu’elle est placée cette vibration, elle s’actualise.

La conscience créative c’est une énergie extrêmement puissante, parce que, d’elle même, elle est capable d’influer sur tous les courants de pensée. La conscience créative ce n’est pas une conscience philosophique, ce n’est pas une conscience qui appartient à l’ego, ce n’est pas une conscience qui est analysable, ce n’est pas une conscience qui réfléchit, donc elle devient de par le fait même de sa puissance, une capacité de transformer instantanément les fourberies de la pensée mondiale.

FP: Et quand une conscience créative comme celle-ci se manifeste dans le monde, il reste néanmoins qu’il y a toujours un certain contentieux, les gens se souviennent certainement de moments plus ombragés. Je veux faire allusion à la conscience créative de Gorbatchev aujourd’hui qui se manifeste. Est-ce que vous pensez, d’après vous qu’elle est sincère dans ses réformes ? Sa Perestroïka, sa Glasnost, ce rapprochement-là, cette liberté qu’il est en train de donner au peuple Russe, en tout cas qu’il manifeste ?

Mais d’un autre côté les Américains aujourd’hui envoient un satellite dans les airs avec la navette qui va couvrir – un satellite espion énorme – qui va couvrir 80% du territoire Russe, à tout moment, qui peut voir n’importe quel déplacement de troupes. Donc d’un côté, il y a une confiance et de l’autre il y a une méfiance ?

BdM : Oui, vous parlez de conscience créative. La conscience créative n’existe pas sur la Terre. Ce que Gorbatchev manifeste, ce n’est pas de la conscience créative, c’est une forme d’intelligence plus élevée que celle que nous avons connue au cours de l’histoire du Politburo.

FP : Libéralisation…

BdM : C’est une libéralisation de la politique Russe, ainsi de suite. De la conscience créative… si Gorbatchev aujourd’hui avait une conscience créative, il ne serait pas au pouvoir. La conscience créative, la conscience créative lorsqu’elle entrera dans le monde, elle ne pourra plus être reculée, mais son entrée dans le monde se fera toujours par la petite porte. La conscience créative, lorsqu’elle entrera dans le monde, elle se fera d’une façon qui convient parfaitement au maintien de la stabilité d’aujourd’hui.

Mais elle se fera aussi dans un temps où elle ira chercher dans le monde des individus capables de la supporter, parce que la conscience créative fait partie de l’évolution de la Terre, elle ne fait pas simplement partie d’une évolution nationale temporaire. La conscience créative, c’est une force, c’est un feu cosmique, ce n’est pas simplement un engouement positif ou négatif pour une forme ou autre d’idéologie.

Gorbatchev aujourd’hui est certainement l’homme de l’heure, c’est certainement l’homme que les Russes avaient besoin, qui est suffisamment intelligent pour avoir reconnu qu’il faut qu’il y ait un changement dans leur façon de voir les choses, sinon c’est la fin du système. Mais la conscience créative, lorsque nous parlons de conscience créative, nous allons beaucoup plus loin que ça.

Lorsque nous parlons de conscience créative, nous parlons d’alliance créative au niveau de la politique évolutive des nations, entre Gorbatchev par exemple et Reagan, ou Thatcher, autrement dit nous parlons de l’unification des Hommes politiques, nous parlons de l’unification des mentalités, nous parlons de l’élimination instantanée des systèmes d’espionnage dans le monde. Donc nous parlons d’une réorganisation fondamentale du modèle politique qui a été exercé, utilisé sur notre planète pendant des millénaires, un système politique basé sur l’usurie du pouvoir et le pouvoir de l’usurie.

Donc probablement ce qui se passera, c’est que les systèmes politiques actuels, ne pouvant aider la réorganisation économique et politique mondiale, l’équilibre à long terme, parce qu’il y a une sorte d’inertie qui fait partie de l’inconscience politique actuelle, éventuellement les Hommes pourront plus facilement tourner leur tête vers une forme ou un modèle politique qui n’est pas basé sur les préceptes involutifs de la politique que nous connaissons.

Donc ça rapproche un peu ce que vous dites, lorsque vous dites : “Bon, c’est en temps de crise que les choses débloquent” mais il y a eu des crises auparavant aussi, et les choses ne se sont pas nécessairement débloquées, elles ont certainement déversé dans une autre direction. Et c’est au vingt-et-unième siècle qu’il y a réellement un déblocage, mais il y aura un déblocage au vingt-et-unième siècle, pourquoi ? Parce que ce que la politique aujourd’hui essaie de faire, ou ce que la politique aura voulu idéologiquement rendre à l’Homme ou à l’humanité, elle ne pourra pas le faire parce que la politique regarde les choses d’une façon trop myopique.

Par exemple, nous regardons le modèle économique des Peuples occidentaux, nous regardons l’influence de la technologie de l’électronique, des computers par exemple, dans le monde aujourd’hui, nous regardons le Japon et nous croyons que l’universalisation de l’information dans le monde va répondre aux besoins de l’humanité : ceci est une illusion terrible ! Pourquoi ? Parce que l’Homme, l’Homme est un être qui, avant tout, représente une dynamique psychique.

Dans chaque être humain, dans chaque Nation, il y a une dynamique psychique, c’est-à-dire qu’il y a une force psychique qui travaille et qui pousse. Lorsque l’Homme est inconscient, il est poussé par ces forces-là malgré lui-même, on appelle ça l’expérience de l’âme, ainsi de suite. Mais sur le plan des Nations, sur le plan des Peuples, c’est la même chose, il y a une force qui travaille et qui pousse les Nations dans une certaine direction.

D’ailleurs, c’est ça qui permet à des médiums comme Nostradamus de parler de l’évolution d’un Peuple ou d’une Nation, des siècles et des siècles d’avance ; tout est connu dans le cosmos. Il s’agit que l’Homme en arrive éventuellement sur le plan de sa conscience individuelle et aussi sur le plan d’une conscience politique plus avancée au niveau de la démocratie, de forcer les anciennes forces involutives de la politique à battre en retraite.

Mais ceci va demander la présence dans le monde d’une très grande puissance mentale, c’est-à-dire ceci va demander dans le monde – et je peux le voir – qu’au vingt-et-unième siècle, il y ait dans le monde, une représentation psychique de cette volonté créative qui ne peut pas être arrêtée, ni par la matière, ni par les Hommes.

Autrement dit, je parle du pouvoir intégral du corps morontiel, éthérisé, matérialisé, devant une plateforme mondiale, telle par exemple les Nation Unies ou telle par exemple les laboratoires qui font de la recherche pour que, finalement, les Hommes puissent comprendre, reconnaître qu’il y a plus à la dimension humaine que simplement les aspects mécano-physiques de la civilisation involutive que nous connaissons.

Donc à ce moment-là, un modèle politique neuf, rattaché à une puissance créative de cet ordre, permettrait que les Peuples, les Nations, les Nations Unies se réorganisent psychiquement, psychologiquement, revalorisent la politique, revalorisent l’économie et réintroduisent dans l’évolution de la planète, la conscience des royaumes.

C’est-à-dire la conscience de la Terre pour enrayer la pollution, la conscience des animaux pour empêcher que les animaux soient éliminés au rythme où ils sont éliminés, la conscience des plantes pour permettre finalement que l’Homme ou l’humanité puisse bénéficier de ce monde très luxueux qui est le monde plantaire, et la conscience humaine, qui permettra finalement à des situations telles que nous reconnaissons par exemple en Éthiopie, de ne plus exister, et la conscience aussi surhumaine, qui sera effectivement la prochaine conscience évolutive.

FP : Et est-ce qu’il n’existe pas déjà une certaine prise de conscience collective ? On voit aujourd’hui le camouflet que subissent les Américains, la désapprobation dans le fait qu’ils n’ont pas accepté qu’Arafat vienne aux États-Unis et qu’on transporte tout ce tribunal-là à l’ONU à Genève ? Il y a tout un mouvement de conscience collective qui désapprouve les États-Unis qui ne veulent pas tendre la perche aux Palestiniens. Ça, c’est un moment unique, on n’a jamais vu ça.

BdM : Oui, mais je vais vous dire une chose, je vais vous dire une chose : moi je ne vois pas la politique ou les décisions politiques, même sur le plan de la majorité mondiale contre les Américains, je ne la vois pas comme comme les gens la voient. Dans le monde, sur notre planète aujourd’hui la politique est polarisée. Il y a la Russie, il y a l’Amérique, il y a ce que nous appelons les États socialistes, marxistes plus ou moins vers la gauche, et il y a les États capitalistes vers la droite.

Et ces blocs-là représentent la dynamique polarisée de l’inconscience politique mondiale, ça fait partie du karma de l’humanité, et à l’intérieur de leurs actions personnelles ou de leurs actions nationales, il y a une dynamique de forces, il y a une expression d’une certaine volonté idéologisée d’une part ou d’une autre, mais tout ceci fait partie de la grande politique inconsciente de l’involution.

Et si nous regardons la Russie, et si nous regardons l’Amérique, malgré nos idéologies opposées, nous sommes obligés de venir à la conclusion – même si tout ceci est relatif – qu’il y a beaucoup plus, beaucoup plus de possibilités d’évolution de l’Homme vers son Esprit en Amérique qu’en Russie. Et ce qui a forcé la Russie à changer avec Gorbatchev, ce sont les conditions économiques. Si les Russes avaient continué toutes ces dépenses énormes dans les budgets militaires, ils auraient été obligés de vivre une plus grande répression au niveau de l’armée, parce que les Peuples ont besoin de manger, et l’armée en Russie est tellement puissante que le Peuple n’aurait pas pu casser la situation.

Donc, les Américains et les Russes se sont entendus pour l’élimination des armements nucléaires à un certain niveau. Mais ça, c’est simplement une situation qui permet aux Américains d’alléger aussi leur fardeau fiscal et aux Russes d’alléger leur fardeau fiscal, donc c’est une situation qui permet de transposer le problème ailleurs. Ça n’a rien changé dans la situation mondiale.

Il y a moins de stress au niveau politique, il y a moins de chance que les Russes et les Américains s’engueulent et que nous finissions avec une situation qu’on a connue avec Krouchtchev devant Kennedy, mais il s’agit qu’il y ait une étincelle, parce que ce sont toujours les étincelles qui créent le tremblement dans les Nations. Vous avez l’étincelle de Cuba qui a créé une grande situation, vous avez l’étincelle de Nasser, qui a créé une grande situation, donc ça prend une petite étincelle et là, la gazoline elle saute ! Donc il ne faut pas se leurrer.

Il faut voir la politique comme étant, ou comme faisant partie d’une très grande dualité sur notre planète, comme faisant partie d’un mouvement astral des forces planétaires et que, dans cette politique, la volonté créative n’existe pas. Si la volonté créative existait, par exemple en Russie, je vous donne un exemple, on serait obligé d’admettre qu’il y a une valeur transcendantale à l’Homme qui n’est pas régie par les lois sociologiques du marxisme du dix-neuvième siècle.

S’il y avait une volonté politique aux États-Unis, nous serions obligés de réaliser que la valeur des individus transcende l’importance capitaliste des mises de fonds actualisés en une forme quelconque d’expression de liberté. Donc ne cherchons pas la volonté politique dans le monde, dans le sens créatif du terme. Que nous parlions d’une volonté politique dans le monde dans un sens démocratique, dans un sens civilisé du terme, oui, mais que nous ne cherchions pas le concept ou à voir qu’il existe une volonté créative dans le monde, il n’en existe pas.

Si jamais, au vingt-et-unième siècle, il y a une volonté créative dans le monde, dans le sens que je l’explique, il y aura certainement transformation tellement profonde de notre civilisation que nous vivrons la fin d’un cycle. Par exemple, s’il y avait contact entre d’autres civilisations et la Terre, il y aurait effectivement application d’une volonté politique. Mais les autres civilisations qui viennent de l’espace ne peuvent pas interférer dans l’évolution, politique, raciale, génétique, de notre planète ; ça fait partie des lois cosmiques.

Ils ont trop de puissance ces gens-là ! Donc si ces êtres-là viennent en contact avec l’humanité, ils viendront en contact avec l’humanité à une échelle officielle. À ce moment-là, le tremblement que ceci créera dans la population mondiale sera le début de l’application de la descente d’une volonté politique. Mais lorsque ceci se fera, ça se fera dans un cadre ou dans un temps où finalement la polarité entre la Russie et les États-Unis aura été éliminée et qu’une nouvelle polarité aura été établie.

La dernière des polarités de notre civilisation, c’est le conflit entre l’Occident et l’Orient, qui est déjà commencé. Autrement dit la polarité entre l’Amérique et les États-Unis, c’est une polarité du vingtième siècle qui a été nécessaire pour l’élimination sur notre planète du pouvoir industriel contre l’Homme, qui a donné naissance à l’Unionisme, pour la solidarité des individus travaillant dans le monde.

Aujourd’hui, cette polarité est suffisamment balancée, dans le sens que les individus sont suffisamment protégés sur le plan du travail par les sociétés, il y a eu évolution, le plan marxiste ne s’est pas révélé prophétique comme on l’avait cru. Autrement dit les sociétés capitalistes n’ont pas été appelées à se détruire de l’intérieur comme l’avaient crié les premiers maxistes, parce que justement le capital a réagi, le capital s’est ajusté.

Et d’ailleurs on s’aperçoit que, si nous regardons le Japon, par exemple, qui n’est pas une société marxiste, qui est une société totalement capitaliste, qu’il y a beaucoup de puissance, il y a beaucoup de puissance encore dans le monde capitalise, et il y en aura encore longtemps. Donc les illusions idéologiques du marxisme auront servi à donner aux travailleurs une plus grande part du marché, une plus grande part de la richesse nationale.

C’est fini ça, nous entrons dans une nouvelle phase au vingt-et-unième siècle où ce sont les Nations qui voudront en bloc bénéficier d’une plus grande part des richesses planétaires, et ces Nations, naturellement, seront polarisées entre l’Occident et l’Orient. Dans l’Orient, ce sera le Japon qui fera mine de chef de file, avec la Corée, la Chine, ainsi de suite. Et vous aurez dans l’Occident, l’autre partie et c’est pour ça qu’il y aura au vingt-et-unième siècle, des conflits d’ordre économique dans le monde que nous n’avons jamais connus jusqu’ici.

Parce que, j’ai déjà dit que les Japonais sont les Allemands de l’Orient, dans ce sens que les Japonais ont une capacité industrielle de s’organiser à un niveau qui dépasse la psychologie un peu paresseuse des Peuples occidentaux. C’est un Peuple merveilleux le Japon. D’un autre côté, le Japon ou les blocs asiatiques, comme les blocs occidentaux, sont régis par les lois planétaires. Donc il y aura repolarisation de l’humanité au vingt-et-unième siècle, et ce sera la dernière polarisation de la planète.

Et après la polarisation de cette planète, il y aura éclatement de la polarisation, ce sera l’entrée en force dans le monde d’une nouvelle conscience, ce sera l’entrée en force sur notre planète d’une nouvelle science que la science industrielle, technologique, du vingtième siècle et vingt-et-unième siècle, ne pourra pas dépasser en intelligence, parce que cette science sera basée aussi sur un nouveau modèle d’utilisation de la matière, de l’énergie.

Donc nous avons passé à travers le vingtième siècle, nous avons passé à travers la polarisation du capital et des idéologies populaires, nous sommes en train de balancer ça, et nous entrerons dans une nouvelle phase qui fera partie de la polarisation des blocs économiques, et ce sera la guerre économique. Ce sera la guerre économique entre les pays de l’Orient et de l’Occident.

FP : Est-ce que vous voyez dans une phase intermédiaire, les Pays les mieux nantis, les plus riches, ceux qui prêtent l’argent au tiers-monde, est-ce que vous les voyez effacer, dans un avenir plus ou moins rapproché, la dette économique des pays du tiers monde ?

BdM : Ils seront obligés. Les Pays du tiers monde ne pourront jamais remettre la dette aux Pays prêteurs. C’est une illusion.

FP : Pourquoi est-ce qu’ils seront obligés de l’effacer ?

BdM : Ils seront obligés, parce que le produit national brut, et leur capacité de produire ne pourra jamais leur permettre de payer cette dette qui est monstre. Ils ne pourront pas. La seule raison aujourd’hui pour laquelle les systèmes bancaires ne veulent pas ouvertement affranchir les Pays endettés de cette dette, c’est parce qu’ils ne veulent pas perdre la face et aussi ils ne veulent pas ouvrir la porte.

Ils travaillent avec le temps. Sinon tout le monde enverrait un petit billet à la banque mondiale, et on dirait : “Moi aussi, je ne veux pas payer Monsieur”… et l’autre il dirait: “Moi aussi, je ne veux pas payer Monsieur”… personne ne voudrait payer et ça créerait une crise terrible. Mais à long terme, ils seront obligés de réaliser que la dette mondiale ne sera jamais payée, elle ne peut pas être payée.

FP : Si on parlait un petit peu de l’Australie, est-ce que vous voyez l’Australie comme une Terre d’avenir ?

BdM : Je ne suis pas intéressé pour le moment à parler de l’Australie parce que l’Australie, c’est un Peuple qui a peu d’intérêt pour moi. Ce qui m’intéresse de parler, pour le moment, c’est l’Occident dans le sens… le Japon, la Chine, l’Europe, les États-Unis, l’Amérique du Sud.

FP : L’Australie n’est pas dans la course actuelle de ce qui se passe dans le monde ? Ils sont en retrait, en maturation pour autre chose ?

BdM : Je ne suis pas intéressé de parler de l’Australie, parce que si je parle de l’Australie, ensuite je suis obligé de rentrer dans les voiles de l’évolution politique du vingt-et-unième siècle. Je ne veux pas faire ça. Je veux regarder, tant qu’à parler au public, je suis aussi bien de parler de choses qu’ils peuvent saisir aujourd’hui, qu’ils peuvent voir, qu’ils peuvent entrevoir aujourd’hui, pour avoir une sorte d’idée de ce qui nous attend au vingt-et-unième siècle.

FP : À l’issue de la deuxième guerre mondiale, on a vu les deux Pays qui ont perdu la guerre : le Japon et l’Allemagne écrasés, et par la suite ces deux Pays, à qui on a interdit de se réarmer, se sont mis à fleurir, à prospérer et sont devenus aujourd’hui les deux monnaies les plus puissantes dans le monde quasiment, et ils ont installé leur hégémonie dans le monde au niveau de la finance.

Alors on a certainement une bonne leçon à tirer de cette situation-là, et je pense que ça, ça contribue un petit peu au désarmement. On s’aperçoit que les pays qui s’arment continuellement se mettent en faillite avec le temps.

Ça, c’est une proposition complètement folle que quelqu’un faisait dernièrement, elle disait : “si les Pays qui ont déclaré la guerre à un autre Pays, qu’ils l’ont perdue, deviennent par la suite très riches, pourquoi est-ce que le Québec ne déclarerait pas la guerre aux États-Unis, il serait sûr de la perdre et devenir très riche par la suite ?” BdM : Vous savez…

FP : Et si jamais on la gagnait, on manquerait notre coup !

BdM : Vous savez le Peuple Québécois, le Peuple Québécois, c’est un Peuple qui est très jeune, mais c’est un Peuple qui est aussi très ouvert. Et si le Peuple Québécois peut en arriver à faire éclater son infériorité, son complexe d’infériorité, si les Hommes d’affaires peuvent en arriver, et c’est déjà commencé, à pouvoir s’étendre dans le monde, tester leurs capacités économiques, politiques, dans le monde, le Peuple Québecois peut devenir un très très grand Peuple même s’il n’a pas une grande population parce qu’il a un très grand Esprit. FIN

mise à jour le 22/06/2024

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