FP-024 Les rapport humains

“FP : Bonsoir et bienvenue pour cette conférence en compagnie de Bernard de Montréal. Je voudrais tout d’abord vous signaler et saluer la présence d’Alain Labelle qui est le réalisateur de l’émission : “Au-delà du connu” et de son invité conférencier principal qui est Normand Pinard. Alors on leur souhaite la …”

 

En Français vous lisez la transcription manuelle de la conférence de BdM, dans une autre langue la traduction par une intelligence artificielle (AI) de cette transcription manuelle, donc le résultat est à interpréter avec discernement.


François Payotte (FP) : Bonsoir et bienvenue pour cette conférence en compagnie de Bernard de Montréal. Je voudrais tout d’abord vous signaler et saluer la présence d’Alain Labelle qui est le réalisateur de l’émission : “Au-delà du connu” et de son invité conférencier principal qui est Normand Pinard. Alors on leur souhaite la bienvenue.

Quant à nous, ces rencontres que nous poursuivons ici même, en compagnie de Bernard de Montréal, depuis quelques années déjà, sont comme une sorte de création commune. Chaque question posée, chaque réponse donnée, est une pierre pour la construction d’un édifice qui est pour nous, pour le moment, encore inconnu.

Il est donc important d’écouter les réponses aux questions avec un mental absolument libre, en renonçant à voir notre attente comblée par une réponse déterminée. Il est vrai que nous ramenons toujours les choses à nous-mêmes, à nos expériences, à l’ego, et que nous les comparons à ce que nous croyons. Nous devons donc apprendre à écouter et à être ouverts à quelque chose d’inconnu.

Le mieux serait donc de suivre ces entretiens comme un morceau musical, comme une succession de notes ou d’harmonie que l’on n’a pas encore entendues. Ceci nous donnerait la possibilité de saisir nos réactions et de voir combien la fuite, l’anticipation, la paresse ou le confort, nous empêchent de recevoir et d’écouter réellement, c’est-à-dire sans qu’intervienne l’imagerie mentale.

Voilà ! Bernard de Montréal, nous sommes prêts à vous recevoir cinq sur cinq. Bernard de Montréal, aujourd’hui nous cherchons à découvrir pourquoi les êtres humains sont si désespérément seuls. Quand nous prenons conscience de cette solitude, nous cherchons à fuir et nous nous préoccupons alors de remplir le vide de nos existences par des divertissements variés, des stimulants sensoriels, des croyances religieuses, des drogues, des performances sexuelles, etc.

La plupart des gens sont esclaves d’une marotte particulière et souffrent de névrose. Il semble que tout ceci découle d’un manque total de rapports réels, d’un manque de fluidité dans la transmission comme dirait mon mécanicien. Mais la vie n’est-elle pas faite de relations, alors que sont donc les rapports humains ? Que signifie être en contact ? Pouvons-nous avoir des relations réelles si nous avons des problèmes ?

Bernard de Montréal (BdM) : Vous parlez de relations humaines ?

FP : Oui. Tout ce qui touche la solitude, l’isolement, l’amitié, l’amour, les amours…

BdM : La solution au problème de la solitude chez l’Homme ne doit pas être une solution sociale. Pour que l’Homme élimine le problème de la solitude, il faut qu’il prenne conscience de lui-même et qu’il prenne conscience surtout du fait que la nature humaine, la constitution psychique de l’Homme, la totalité de sa conscience, la dynamique interne de sa conscience, font partie d’une organisation qui commence, à la fin du vingtième siècle, à prendre naissance, à être comprise, saisie par les Hommes.

Il faut que l’Homme prenne conscience qu’il n’est pas seul psychiquement dans le cosmos, qu’il prenne conscience qu’il y a en lui une autre dimension, qu’il devienne conversant avec cette dimension de la même façon qu’il peut devenir conversant avec les Hommes. Si l’Homme ne devient pas conversant avec les dimensions internes de son moi, même les Hommes, même les amitiés naturelles, ainsi de suite, ne pourront jamais le servir totalement, parce que les Hommes ne sont pas faits pour être seuls psychiquement.

Ils sont faits pour être communicatifs en vertical avec des plans de leur conscience, qui font partie des éthers spéciaux de sa conscience en évolution. Et si l’Homme veut résoudre le problème de la solitude seulement sur le plan interrelationnel humain, il ne pourra jamais atteindre le fondement de sa réalité, il ne pourra jamais sentir qu’il est dans le fond un être cosmique, c’est-à-dire un être qui a une pluralité de dimensions à travers lesquelles il peut travailler mentalement, s’exécuter créativement, ainsi de suite…

Pour ensuite, si vous voulez, prendre de cette énergie, de cette mentation, de cette intelligence, de ces conséquences, le bon produit de cette expérience pour le retransmettre avec les Hommes, et ensuite développer avec les Hommes un cadre de relations humaines, non pas en fonction d’une solitude mais en fonction de besoins créatifs.

Le problème de la solitude, c’est que les Hommes qui vivent de solitude ou qui souffrent de solitude, ce sont des mendiants de l’Esprit. Et comme l’Esprit est mendiant, il veut aller chercher dans la population, dans les amis, dans les Hommes, dans la société, dans le social, dans le collectif, un remède à cette solitude. Et l’Homme ne pourra jamais le faire, il va le faire mais ce sera d’une façon factice.

Il y a énormément de dictons dans nos sociétés, surtout dans les vieilles sociétés, où l’on reconnaît que les amitiés ne sont pas toujours aussi éternelles que nous le croyons. Donc l’Homme ne peut pas fonder sa vie, sa conscience, son intelligence, la valeur de sa vie, la valeur intégrale de sa vie, sur une composition horizontale, c’est une illusion.

Il faut que l’Homme en arrive un jour à pouvoir établir un lien très personnel avec les multiples aspects de sa conscience universelle, cosmique, et ensuite revenir sur le plan humain échanger avec les Hommes, jouir d’une capacité de choisir, de faire un choix, de faire une sélection avec les Hommes, afin de ne pas perdre son temps, parce qu’on ne peut pas perdre notre temps avec les Hommes.

Il y a des Hommes qui valent la peine d’être vécus, connus, il y a des Hommes avec lesquels il vaut la peine d’échanger, travailler, mais il y a des Hommes qui ne sont pas suffisamment évolués pour que nous perdions notre temps avec eux, ils ont leur évolution à faire, nous devons les respecter, ainsi de suite. Mais ceci demande de l’intelligence, ceci demande de la conscience.

Et si l’Homme, pour des raisons d’involution, pour des raisons de solitude, pour des raisons de juxtaposition à un écran totalement émotif, veut aller chercher, bon gré mal gré, dans l’humanité un support pour sa conscience, ben il est évident qu’il va subir pendant des années des rejets comme il subira aussi des acceptations, mais ce ne sera jamais réel.

Pour que l’Homme vive du réel sur le plan matériel, sur la Terre, il faut qu’il soit réel en dedans. Et pour qu’il soit réel en dedans, ben il faut qu’il prenne conscience des nouvelles réalités de l’évolution, c’est-à-dire qu’il faut qu’il prenne conscience de la mutation de son mental, il faut qu’il réalise qu’il n’est pas un être solitaire, qu’il est cosmique.

Le phénomène d’être solitaire sur une planète est une illusion psychologique de l’Homme, ça fait partie de sa sensorialité, ça fait partie de la limitation de ses sens, mais c’est une illusion. L’Homme n’est pas solitaire, il ne doit pas être solitaire, l’Homme est un être communicatif, mais sur des plans qui ne conversent pas avec la psychologie moderne classique que nous connaissons.

À partir du moment où ceci a été établi franchement dans l’Homme, chez l’Homme, il y a une élévation de conscience, il y a un appointement d’une nouvelle intelligence en lui, il y a un nouveau regard qui se fait vers la vie, une nouvelle recomposition de la vie. Il est capable d’utiliser un niveau d’énergie mentale neuf, totalement non conditionné, non conditionnable, totalement libre de la mémoire, totalement libre de la conscience collective de l’histoire.

À ce moment-là il peut regarder vers les Hommes et faire avec eux, établir avec eux de grandes amitiés. Mais des amitiés basées sur des rapports égaux de conscience, et non pas des amitiés basées sur simplement des aspects psychologiques de profits, d’ordre matériel ou émotif.

FP : Dans lesquels il peut y avoir la jalousie, l’ambition, l’avidité, l’exploitation !

BdM : Oui.

FP : Mais avant d’être en relation avec les autres, est-ce qu’il ne serait pas bon, peut-être, d’être en relation d’abord avec nous-même, ça commencerait peut-être par une une bonne appréciation de soi-même ?

BdM : Mais c’est ce que je dis. L’Homme doit être en relation avec lui-même. L’Homme doit apprendre à se reconnaître, à se connaître, il doit apprendre lentement, graduellement, à se dissocier de la mythologie psychologique de l’involution. Il doit apprendre à éliminer de sa vie certaines déformations psychologiques de la science inférieure de l’Homme.

Par exemple, se comparer aux autres, se voir par rapport aux autres, s’étudier par rapport aux autres. Il faut que l’Homme développe un centre de gravité. Et ce centre de gravité il ne peut pas venir de l’extérieur. Donc tant que l’Homme se réfléchit dans la société, ou dans la population, dans la conscience collective, quelle que soient ses valeurs, il s’assujettit toujours parce qu’il est cosmique.

Tandis que l’Homme social, l’Homme économique de Marx, l’Homme socialiste, c’est un Homme qui est le produit d’une conversion d’attitudes sociales vis-à-vis un être qui peut les absorber jusqu’à un certain point, jusqu’au jour où il est suffisamment développé en Esprit pour qu’il les rejette intégralement. Donc l’Homme n’est pas comme le croient les penseurs ou les sociologues, ou les philosophes, l’Homme n’est pas le produit de la civilisation, l’Homme est Esprit.

Donc il faut que l’Homme retourne à cette condition fondamentale de sa réalité, et à partir de ce moment-là il peut recommencer à recomposer avec le social, lui donner un visage qui a de l’allure au lieu de se faire lui imposer un masque qu’il n’a pas.

FP : Donc c’est un problème d’identification ?

BdM : C’est un problème d’identité, c’est pas tellement un problème d’identification, parce que l’Homme n’est pas capable d’identifier le réel. Pour que l’Homme identifie le réel, il faut qu’il puisse d’abord avoir une identité. Une fois que l’Homme a une identité, à ce moment-là c’est très facile d’identifier le réel, c’est très facile d’évaluer le réel, sur tous les plans, économiques, psychologiques, spirituels, religieux, cosmiques, politiques.

C’est très facile parce qu’à partir de ce moment-là, l’Homme est non pas seul avec lui-même, il est seul dans sa relation avec lui-même. Mais ceci demande une très grande force mentale, un minimum d’émotivité subjective colorée par la mémoire, qui est le produit de l’actualisation sur le plan social des forces sociales qui ont tendance à contaminer l’Homme.

Et c’est ça qui est difficile, c’est pourquoi le passage de l’involution à l’évolution forcera toujours l’Homme à douter de sa qualité mentale. Mais ça, ça fait partie de la transmutation de l’Homme, ça fait partie du passage du plomb à l’or, ça fait partie du secret de l’Homme, ça fait partie de ce qui doit être fait. Vous ne pouvez pas donner naissance à un Homme nouveau sans totalement tuer, faire mourir l’autre.

Et les Hommes pour des raisons d’émotion, pour des raisons de doute, pour des raisons de caractère ou d’opinion, pensent qu’ils peuvent passer facilement d’une étape à une autre, et ça c’est une illusion. Pendant l’involution, on pouvait passer d’une science à une autre, on pouvait passer d’une attitude à une autre, on pouvait passer d’une histoire à une autre, d’un cycle à un autre, parce que ces cycles ou ces attitudes, ou ces sciences étaient tous interconnectées à un niveau quelconque.

Mais il n’y a plus de connexions entre l’Homme de l’involution et l’Homme de l’évolution, l’Homme ancien, l’Homme nouveau, il n’y a plus de connexion sur le plan émotif, il n’y a plus de connexion sur le plan des idées, il n’y a plus de connexion sur le plan de la mémoire, il n’y a plus de connexion sur le plan même de la réciprocité humaine dite philanthropique. L’Homme nouveau c’est un être totalement nouveau, c’est un mutant, il est effectivement un mutant.

Et devenant un mutant ou étant un mutant, il est obligé de vivre sa mutation dans sa totalité, parce que ce processus ne s’arrêtera pas. Et à partir de ce moment-là, il peut commencer à recomposer sur le plan psychique, sur le plan psychologique, sur le plan mental, sur le plan des conceptions, des idées, ainsi de suite… des valeurs qui sont totalement nouvelles mais qui sont à la mesure de son intelligence, et non pas à la mesurer de l’intelligence de la société.

Nous allons vers l’individualisation de l’Homme, l’individualisation intégrale de l’Homme. Il y a pour le moment des courants qui sont historiques, qui font partie encore de l’involution, des courants à haute marginalité ou des courants qui sont d’ordre socialisant, mais ceci fait partie des grandes illusions philosophiques et idéologiques des peuples, et des nations, et des pouvoirs.

L’Homme va vers l’individualisation, même si ça prendra deux-mille-cinq-cents ans, ça prendra deux-mille-cinq-cents années. Il y a des forces dans l’Homme qui ne peuvent pas être retardées, contrariées, empêchées, par les décisions psychologiques des gouvernements ou des penseurs, qui ont ou qui font partie de l’involution. L’Homme est Esprit, il n’est pas simplement “homo economicus”.

FP : Bon, si on part du point de vue que tous nos rapports sont fondés sur des images ou des préjugés qu’on peut avoir des autres, comment pourrait-il y avoir des rapports réels avec un autre, si ces rapports ne font que relier des images ou des préjugés ? Autrement dit comment reconnaître en soi-même et dans l’autre, l’Homme réel ou l’Esprit qui est en arrière-plan, celui avec lequel on ne s’identifie pas ? Comment est-ce qu’on peut s’identifier à ce qui est d’Esprit dans la vie ?

BdM : Je vais vous donner un exemple. Si vous voulez connaître le centre d’un oignon, il faut enlever les couches, OK. Bon. L’Homme c’est le centre de l’oignon, l’Homme réel. L’Homme involutif c’est l’oignon. Donc au fur et à mesure que les lois de la nouvelle psychologie de l’Homme seront connus de l’Homme, les couches de l’oignon disparaîtront lentement, et naturellement l’Homme en arrivera au centre. C’est à ce moment-là qu’il réalisera son intégralité, son réel.

Parce que dans le processus d’épluchage, si vous voulez, de l’oignon, l’Homme prendra conscience de certaines choses. Mais il y des Hommes aujourd’hui dans le monde, il y a des voyants dans le monde, il y a des Hommes sensibles, psychiques, des Hommes qui ont des intuitions, des Hommes qui ont du “pif” – ils appellent ça du “pif” – et ils sont en contact avec ça.

Il y a des hommes d’affaires qui travaillent avec ce “pif” dans leurs affaires, mais si vous leur demandez : “Votre business – votre corporation – que vous avez monté là, vous l’avez monté avec du pif”… ils vont dire : “Non non, on a monté ça d’une façon rationnelle”. Il n’y a pas un Homme qui se respecte dans la société, qui ne se respecte pas, qui va vous dire “qu’on a utilisé notre pif”, parce qu’ils ne comprennent réellement pas le “pif”, qu’est-ce que c’est le “pif”.

Ils croient que le “pif” c’est une forme de perceptions… papapa… Mais le “pif”, ça va beaucoup plus loin que ça. Enlevez les couches de l’oignon lentement au cours des années, le “pif” devient réellement de la communication mentale télépathique. Vous enlevez encore d’autres couches et le “pif” devient réellement une communication sur les circuits universels.

Vous enlevez encore plus de “pif” et la communication devient visuelle, avec des êtres sur d’autres plans, ainsi de suite. Ça, ça fait partie de l’évolution de l’Homme. Donc l’Homme est un être en voie d’extrapolation sur le plan de l’Esprit et il arrivera à cette extrapolation au fur et à mesure qu’il se désengagera des couches qui constituent la totalité de sa personnalité.

L’Homme un jour devra passer de la personnalité à la personne. La personnalité c’est totalement factice. On fonctionne au niveau de l’ego en fonction de notre personnalité, on juge notre rapport avec les Hommes en fonction de notre personnalité, on juge notre succès par rapport à notre personnalité, la personnalité c’est factice.

La personnalité de l’Homme ne lui appartient pas, elle appartient à la société, c’est la société qui l’a construite. Ce sont les rapports sociaux, ce sont les pensées, les opinions, les impressions, soit politiques, idéologiques, temporelles, ou idéologiques spirituelles, qui ont donné à l’Homme une personnalité.

Donc l’Homme est un être qui est totalement composé par les forces de l’involution, il n’est pas réel, il ne peut pas être réel. Donc il ne peut pas être bien dans sa peau, parce qu’il n’a pas atteint le centre de lui-même. Et plus vous regardez l’Homme inconscient, plus c’est un gros oignon, et pour des raisons d’évaluation psychologique quantitative, parce qu’on aime la quantité, on ne regarde pas tellement la qualité ; si le bonhomme a un gros oignon comme ça, naturellement il a du succès, parce que quand on est un gros oignon on a du succès.

Mais quel Homme veut être le centre de l’oignon ! Un point ce n’est pas intéressant, on aime mieux être une grande surface, un grand volume. Donc c’est normal que l’Homme apprécie sa personnalité, cherche à faire du jogging pour avoir des gros muscles, ou se maintenir en santé, ou qu’il aille dans une mode, qu’il suive les courants qui font partie de la conscience collective. Parce que s’il est simplement le petit point dans le centre de l’oignon, on va dire : “Où il est le bonhomme”… On le cherche, et l’Homme n’aime pas qu’on le cherche, il aime être visuel, il aime être là.

Et comme les Hommes parlent le même langage, ils ont tous la même règle de mesure, donc si vous êtes en Amérique, ben il faut se chercher avec les règles de mesure des Américains, si on est au Canada la même chose, si on est en Chine c’est la même chose, si on est au Japon c’est la même chose. Vous vous imaginez un type au Japon qui serait individualiste ? Il va perdre son job !

Vous vous imaginez un type dans l’industrie canadienne qui serait Japonais, il vient de faire sauter l’Union ! Ainsi de suite… Donc il y a des rapports de valeurs qui font partie des différentes sociétés, des différentes races, des différentes cultures, et l’Homme lui, l’individuel, le personnel, peut s’ajuster selon son besoin à ces différentes valeurs. Il peut prendre dans ces valeurs ce qui est bon mais il mettra de côté ce qui le retarde.

Donc le problème de l’Homme c’est qu’il a un problème d’identité, et il ne connaît pas les lois de l’Esprit. Donc il ne connaît pas les lois de l’intelligence et ne connaissant pas les lois de l’intelligence, il a l’impression que sa survie psychologique est en fonction des lois psychologiques établies par la société, lois qui impriment dans son mental, à travers son émotivité, certains principes de vie collective qui deviennent, au cours de son expérience, une personnalité, autrement dit de l’oignon.

Et plus il grandit dans la vie, ben plus il sent l’oignon, autrement dit plus il ne peut pas se sentir (rires du public). Et il y en a qui vont jusqu’à pleurer de leur condition humaine (rires du public).

FP : Surtout dans un couple quand on a affaire à deux gros oignons (rires du public). C’est bien difficile les rapports, les relations humaines dans le couple…

BdM : Parce qu’il n’y a pas d’identité. Vous avez simplement la polarité des personnalités. Vous avez deux oignons qui se regardent, de temps à autre ils s’aiment, de temps à autre ils ne s’aiment pas à cause des personnalités, à cause des couches. Alors il y a un principe universel qui vient les unir, c’est l’amour, mais même dans l’amour de ces oignons, il y a une quand même une petite senteur (rires du public).

FP : Mais qu’est-ce que c’est cet amour qui est bien souvent fait de renoncements, d’abdications face au plus gros des deux oignons dans le couple ?

BdM : Mais c’est pas de l’amour ça !

FP : Mais c’est ça qu’on trouve !

BdM : Ça c’est pas de l’amour, c’est de l’esclavage. C’est de l’esclavage émotionnel, la femme a été esclave de l’homme pendant des siècles, l’homme a été le sauvage pendant des siècles, donc il y a de la polarité. Mais nous sommes rendus à la fin d’un cycle de vie, et l’homme va changer, la femme va changer. Naturellement il va y avoir de l’épluchage, d’ailleurs c’est déjà commencé.

FP : Si mon cerveau a besoin d’ordre pour bien fonctionner dans…

BdM : Avant que vous continuiez – parce que sans ça je vais l’oublier – je veux dire une chose. Il y a chez l’être humain un syndrome universel qui existe dans toutes les sociétés mais beaucoup plus dans les sociétés primitives que dans les sociétés avancées. Dans les sociétés primitives, quand je parle de sociétés primitives, une société primitive pour moi ce n’est pas simplement une société d’indiens ou de sauvages dans l’Amérique du sud, dans les jungles.

Une société primitive pour moi c’est une société où l’Homme vit intensément la relation psychologique avec les autres êtres, c’est ça pour moi une société primitive. C’est pour ça que je dis l’Amérique, les États Unis est une société plus évoluée que la Russie sur le plan psychologique, parce qu’il y a une tendance plus grande vers l’individualité, la France par exemple, ainsi de suite.

Mais le problème avec les Hommes, c’est que les Hommes souffrent tous d’un syndrome universel et c’est que l’Homme, l’être humain, a peur du néant. Il a peur d’être anéanti. Et sa crainte d’anéantissement, elle est totalement illusoire, mais elle est réelle dans ce sens qu’elle est perçue à travers la grille de son mental, et de son émotivité, comme étant une menace à sa survie psychique, et ça c’est une illusion.

L’Homme est un être qui n’est pas anéantissable psychiquement, il peut être anéantissable à partir de la conversion de ses pelures d’oignons en crainte, à partir de la mauvaise interprétation de ses perceptions de la personnalité, mais intégralement parlant l’Homme est un être qui n’est pas anéantissable parce qu’il est esprit.

Et il serait bon, un jour, que quelqu’un écrive un livre sur l’être et le néant, pas à la Jean Paul Sartre, mais l’être et le néant dans une autre version des choses, à partir d’un point réel. Il faudrait qu’un Homme qui soit réellement, qui soit réel, puisse finalement faire une analyse, une autopsie, de ce que nous appelons le néant, qu’est-ce que c’est le néant. Et je vous répondrai ensuite, mais je veux aller à ceci, parce que je ne veux pas oublier ceci.

L’être humain est un être qui vit dans ce que j’appelle l’abyme, Il existe un abyme dans le cosmos, cet abyme il est à la fois matériel, quantitatif et il est aussi psychologique, et il est aussi psychique. Et ce qui est “abysmal” (épouvantable) représente la perception de l’Homme en dehors de sa propre réalité. Autrement dit, à partir du moment où l’Homme est en dehors de sa propre identité, de sa propre réalité, il est en contact avec “l’abysmal”. Donc une société moderne, telle que nous la connaissons aujourd’hui, est une forme de l’abyme.

Rêver le soir, ne pas avoir contrôle sur les plans où nous allons, est une forme d’appartenance ou de contact avec l’abyme. Vivre des expériences que nous ne pouvons pas contrôler dans la vie, sur le plan matériel ou sur le plan psychique, fait partie de l’abyme. Aller dans l’espace comme astronaute fait partie de l’expérience de l’abyme.

L’abyme est le résultat naturel de l’incapacité de l’être de manifester intégralement sa propre énergie, autrement dit ce que nous pouvons appeler sa lumière. Un être qui n’est pas capable de vivre intégralement de sa lumière, il est “abysmal”, c’est-à-dire qu’il a accès, il est obligé de vivre par expérience en fonction d’un certain vide, que ce soit un vide matériel – le job que vous ne trouvez pas – ou que ce soit un vide interne, il y a de “l’abysmal”.

Et c’est à cause de “l’abysmal” que les Hommes ont été obligés, pendant des siècles, de se créer une forme, un point d’appui suffisamment absolu, qu’ils ont appelé un Dieu, afin de réduire et de neutraliser le côté “abysmal”, ce qui a donné naissance à ce que nous appelons la foi. Et la foi a servi sur le plan psychologique, émotif, de l’Homme, pendant l’involution, pour empêcher qu’il souffre de l’abyme.

Les Hommes qui ont de la foi, les êtres qui ont de la foi – il y a des êtres qui ont de la foi dans le monde, et je n’ai rien contre la foi, pourvu que ce soit une foi consciente – mais quand même, dans la mécanique de la foi, il y a la rencontre entre l’Homme et l’infinité. Donc il y a un pont, la foi c’est un pont entre l’abyme et l’Homme. Mais ce que les Hommes ne réalisent pas, c’est que les êtres qui ont une très grande foi souffrent toujours dans leur foi.

Parce qu’ils ne sont jamais capables de convertir leur foi, qui est une foi totalement spirituelle, en une foi parfaitement universelle. Et un Homme qui a une foi universelle, c’est-à-dire qui est totalement dans son identité ne souffre plus de l’abyme, c’est-à-dire qu’il ne souffre plus de la séparation entre lui et sa totalité, qu’il appelle Dieu. Il ne souffre plus, donc, d’identité. Il a réduit le problème de la dualité du particulier avec l’infinité, à simplement une symptomatisation mentale, psychique, de son être, il a rendu son être visible à lui-même.

Donc il s’est donné, finalement, la capacité d’être, ce qui veut dire quoi ? Être capable de supporter le néant ; ce qui veut dire quoi ? Être capable de supporter l’abyme ; ce qui veut dire quoi ? Ne pas avoir besoin de quelqu’un pour le faire pour lui. À partir du moment… ou quand l’Homme nouveau, au cours de l’évolution, sera arrivé à un point où il n’aura plus besoin de quelqu’un à l’extérieur de lui, de sa zone psychique, de son territoire psychique, de supporter à quelque niveau que ce soit pour lui, quelque chose, l’Homme sera dans son identité.

À ce moment-là il ne souffrira plus du néant, il ne connaîtra pas ce qu’est le néant, il n’en souffrira plus. Il ne souffrira plus de “l’abysmal”, et il sera à ce moment-là libre de voyager par son Esprit dans “l’abysmal”, et d’en connaître les différentes dimensions, autant matérielles que psychiques. Et si la psychologie aujourd’hui, la psychologie dans le monde occidental, a failli à la tâche, si elle est arrivée à un point où elle vit le cul de sac, c’est parce que la psychologie n’est pas capable de donner à l’Homme toutes les réponses.

Pourquoi ? Parce que la psychologie que nous connaissons aujourd’hui n’est pas le produit de l’identité de l’Homme, elle fait partie simplement des observations catégoriques du rapport entre l’Homme et la conscience sociale, permettant que dans ses conclusions, elle puisse maintenir ou développer un consensus de viabilité entre les Hommes, pour que les sociétés se maintiennent dans un état d’harmonie suffisamment stable, pour que nous ne tombions pas dans une sorte de barbarie.

Mais l’Homme a besoin d’autre chose ; l’Homme n’a pas besoin de psychologie, il a besoin de savoir, et savoir veut dire quoi ? Savoir veut dire pouvoir instantanément, tout le temps, toute sa vie, pour n’importe quelle situation, pour n’importe quelle condition, créer une psychologie qui explique le mécanisme de l’involution, c’est ça de la psychologie.

Mais l’Homme qui sera dans le savoir n’aura plus besoin de psychologie, il sera simplement créateur et il créera, il verra, que ce soit pour les gouvernements, l’économie, la politique, les ci les ça, les idéologies, les systèmes spirituels, les systèmes cosmogéniques, les métaphysiques, il verra ce qui doit être établi pour que l’Homme puisse vivre en harmonie.

Donc il s’efforcera de sortir l’Homme des besoins psychologiques afin de le rentrer dans la permanence de son savoir. Il aura une identité, il ne souffrira plus de “l’abysmal” en lui, il sera totalement intégré, c’est ça la prochaine évolution. Si moi je dois attendre votre support, à un niveau ou à un autre, pour prendre une action, je suis un esclave de vous. Même si vous avez une grande autorité patriarcale, si vous avez une grande autorité scientifique, si vous avez une grande autorité spirituelle, je suis tout de même un esclave.

Parce que l’histoire nous démontre très bien que ceux qui avaient autorité dans un temps ont perdu leur autorité. Et que ceux qui dans un temps arrivaient à faire naître, sur le plan matériel, une nouvelle autorité, étaient contester par le pouvoir. Galilée est un exemple, ceux qui ont fait trembler l’esprit de la renaissance, c’est un exemple. Aujourd’hui il y a plus de libertés sociales, parce que l’Homme est passé d’un stage féodal ou un stage monarchique à un stage beaucoup plus démocratique. Mais la situation demeure la même.

Moi j’ai reçu une lettre aujourd’hui me disant que des personnes faisant partie du conseil mondial du développement sur la science, ainsi de suite… (Coupure enregistrement) – Reprise en cours d’enregistrement (…) l’essence de mes idées en ce qui concerne le développement de l’Homme, des personnes faisant partie des Indes, de la Chine, la République de la Chine, le Japon, le Canada, certains pays de la Suède, ainsi de suite.

Mais ça, c’est au niveau humain, au niveau individuel, si ces gens-là en arrivent un jour, dans leur podium, à traverser le mur de la personnalité, les masses auxquelles ils appartiennent ou lesquelles, non pas qu’ils contrôlent, mais sur lesquelles ils ont le pouvoir, ils auront une lutte puissante à mener avec ces idées. Pourquoi ? Parce que l’Homme est un être qui n’est pas capable d’assumer, par lui-même ce qu’il sait, il a toujours besoin du support.

Et ça, c’est la grande faille de l’Homme, c’est la grande faiblesse de l’Homme, c’est la faiblesse de l’involution. Pourquoi croyez-vous que Nietzsche s’est révolté contre la chrétienté, non pas parce que la chrétienté ne donnait pas à l’Homme de bonnes nouvelles !

FP : Il s’est révolté contre la morale de la religion ?

BdM : Il s’est révolté contre le fait que la religion enlevait à l’Homme la volonté. Alors tout ce qui enlève à l’Homme – je prends Nietzsche comme exemple j’aurais pu prendre un autre, Victor Hugo, j’aurais pu prendre ceux qui ont amené l’humanité plus loin dans son développement – à partir du moment où un système, une systématique, ou les corollaires d’une systématique, enlèvent à l’Homme la moindre volonté, l’Homme est esclave.

Donc il perd sa capacité d’entrer en contact avec son identité. Donc il développe de plus en plus des pelures d’oignons, et nous sommes aujourd’hui des oignons. C’est pourquoi la prochaine évolution forcera l’Homme à passer intégralement d’une conscience collective à une conscience individuelle. Mais ceci ne sera pas facile, parce que vous avez remarqué quand vous enlevez une couche d’oignon d’une autre couche d’oignon, il y a toujours de l’adhésion, ça ne s’enlève pas facilement.

Et nous sommes extrêmement adhésifs à nos couches de conscience, à nos perceptions, à notre mémoire. Nous vivons dans la vie des expériences qui nous font réaliser la souffrance de briser avec une couche de conscience. Prenons par exemple le jeune homme à l’âge de la puberté, ou prenons le jeune couple qui se marie qui part de la famille ou qui part de la maison parentale, ou prenons le petit gars qui, pour la première fois dans sa vie, se masturbe, ou prenons le petit gars qui, pour la première fois dans sa vie, décide de ne plus aller à la messe !

Qu’est-ce qu’il vit intérieurement, ainsi de suite… Donc l’Homme vivra ses symptômes du déchirement intérieur, et il n’y a aucune solution pour cette souffrance, parce que cette souffrance elle fait partie de la naissance de l’Homme. L’enfant ne vient pas au monde sans qu’il y ait une souffrance. Et l’Homme ne viendra pas au monde sans qu’il y ait en lui un déchirement.

FP : Bon. Vous accordez beaucoup d’importance à la volonté individuelle, à l’exercice de la volonté individuelle de l’Homme dans sa vie, et tous vos prédécesseurs pour ne citer qu’Aurobindo, Mère, Satprem, Krishnamurti et autres, avaient une position qui était peut-être contraire à la vôtre.

Dans le sens qu’ils disaient : là où il y a exercice de la volonté il y a résistance, là où il y a résistance il y a conflit, là où il y a conflit il y a souffrance… Donc ils étaient toujours plus en faveur d’un lâcher prise, d’une acceptation, de se mouler dans le courant de la vie plutôt que de vouloir le remonter en sens inverse ?

BdM : Mais oui, mais il faut reconnaître une chose, il faut comprendre les limitations psychiques historiques de l’involution, autrement dit lorsque vous parlez de Satprem ou que vous parlez de ci ou de ça, de ces Hommes, vous devez comprendre que ces Hommes ont appartenu à des cycles qui avaient une fonction spéciale, catégorique. Ce n’était pas des Hommes qui faisaient partie d’une nouvelle évolution.

Et lorsque je parle de volonté, je ne parle pas de la volonté que l’Homme connaît, l’Homme ne possède pas de volonté. Je parle de la Volonté créative, je parle de la puissance mentale de l’Homme de donner naissance instantanément à une force d’appui dans sa vie, qui représente la totalité de sa lumière. Ça, c’est une volonté créative, ça fait partie de la fusion de l’Homme. Le concept de la fusion n’était pas connu, n’était pas expliqué, pendant la période de ces Hommes.

Le concept de la fusion c’est un concept qui vient maintenant. L’explication, la venue de la fusion, la venue historique de la fusion a été mentionnée dans “La Cosmogonie d’Urantia”. L’explication du phénomène de la fusion et l’expérience de la fusion fait partie des dernières années. Donc c’est à partir du moment où l’Homme connaît la fusion, expérimente la fusion, que l’Homme peut commencer à parler de ces valeurs que nous avons, par le passé, pris en considération mais toujours avec la crainte qu’elle mène à l’abus.

La volonté est un exemple, il est évident que l’Homme qui vit d’une volonté subjective va rencontrer les paramètres définitifs que ces Hommes ont parlés. Je ne parle pas de cette volonté, je parle de la Volonté créative de l’Homme qui est le produit des assises cosmiques de l’Homme sur la planète en évolution. Je ne parle pas de la réflexion psychologique de l’Homme vis-à-vis le territoire expérimental de sa conscience involutive.

Je parle de la territorialité psychique de l’Homme nouveau qui fait de lui un être capable de prendre en mesure la totalité de ses actions sur une base de dix, quinze, vingt, deux cents, trois cents, quatre cents, cinq cents, mille années. Donc ce n’est plus la même problématique, je parle d’une fusion, je parle de la relation entre le mortel et l’Esprit ou entre le mortel et le double, je ne parle plus de l’expérience. L’Homme nouveau ne vivra plus d’expérience, il vivra de créativité.

Les Hommes anciens ont vécu d’expériences et pour ne pas amener ces expériences à la diffamation des hautes valeurs spirituelles de l’Homme, on a contenté d’expliquer la volonté, tels que ces Hommes l’ont fait et ils l’ont bien fait dans le cadre de l’involution. C’est-à-dire dans un cadre où leur état spirituel – parce que ces Hommes étaient des êtres spirituels – leur état spirituel leur permettait et les forçait à contempler l’unité de la nature comme étant le grand moyen pour l’Homme de se rallier en harmonie avec l’unité totale de ce qui est.

Mais ceci faisait partie des conceptions involutives de l’Homme, ceci faisait partie des conceptions spirituelles de l’Homme, et l’Homme nouveau, l’Homme de la prochaine évolution ne sera pas un être spirituel dans le sens involutif du terme. Ce sera un être intelligent qui comprendra les sphères spirituelles, qui comprendra la mécanique des sphères spirituelles, la mécanique astrale, politique, cosmique, des sphères spirituelles, mais dont lui sera totalement libre parce qu’une fois que l’Homme est en fusion, il n’a plus à répondre à qui que ce soit, sur le plan du vrai ou du faux puisqu’il devient créateur.

Autrement dit il fait la synthèse de la forme, mais il n’est plus assujetti sur le plan émotionnel ou mental, sur le plan de la mémoire, à vivre de la forme comme l’Homme de l’involution a vécu de la forme, c’est-à-dire la prendre pour se donner quelque sécurité que ce soit, c’est ça la différence. Donc si vous parlez d’Aurobindo… d’ailleurs Aurobindo parle de la conscience supramentale, c’était son travail…

Mais si vous voulez parler de la Volonté, de l’évolution de la Volonté, du développement de la Volonté, du développement de lIintelligence, du développement de l’Amour comme Principe cosmique de l’Homme, ceci ne sera parlé avec créativité que lorsque l’Homme sera passé de l’involution à l’évolution. Et ceci ne fait pas partie de la tâche informative des maîtres anciens.

La tâche informative des maîtres anciens était de donner à l’Homme le support psychologique, moral, virtuel, mystique, spirituel, de leur conscience, face au néant, face à “l’abysmal”, selon leur propre expérience, face à leur propre néant, et face à leur propre “abysmal”, même si leur “abysmal” était un monde extrêmement mystique, rempli de lumière, il était un monde mystique rempli de lumière astrale.

Et la conversion de la conscience de l’Homme de l’involution vis-à-vis l’Homme de l’évolution, la conversion de l’Homme qui pense vis-à-vis l’Homme qui crée sera une conversion catégoriquement universelle, c’est-à-dire absolue dans sa définition, absolue dans son pouvoir, et irréversible parce qu’elle ne fera pas partie des besoins de l’Homme.

Elle fera partie des besoins de l’Esprit qui se fusionne avec l’Homme pour établir sur le plan matériel une nouvelle catégorie d’êtres scientifiques, d’êtres scients et d’êtres capables de convertir l’énergie des royaumes, matériel, plantaire, animal, humain, dans une autre dimension que nous appellerons demain ou que nous reconnaîtrons demain comme étant un aspect de l’éther, même l’éther qui contient encore multiples aspects qui seront découverts au fur et à mesure que l’Homme avancera.

Donc nous découvrirons que les concepts Amour, Volonté, Intelligence, qui ont servi à l’Homme pendant l’involution seront amenés à une autre échelle de vibration dans la compréhension fondamentale, instantanée, universelle de l’Homme nouveau, et ces concepts n’auront aucune relation psychologique, n’auront aucune qualité parallèle avec ce que nous avons connu par le passé.

Un Homme aujourd’hui qui est conscient, qui est en fusion, et qui regarde le concept de l’Amour, de la Volonté ou de l’Intelligence, qui ont été les grands concepts mystiques, spirituels, ou psychologiques, invoqués pendant l’involution, s’aperçoit que ces concepts faisaient partie de la conscience expérimentale de l’âme, mais qu’ils ne faisaient pas partie du pouvoir de l’Esprit.

FP: Mais comment peut-on vivre une conscience séparative et non pas une conscience unitaire, comme vous avez dit pour ces gens-là, et vivre des rapports humains qui soient dégagés de conflits puis de frottement et de gaspillage d’énergie justement ?

BdM : Ce n’est pas parce que l’Homme aura une conscience créative, qui sera une conscience unitaire fondée sur une identité universelle, qu’il ne sera pas capable d’établir de relations avec les Hommes. Et ce ne sera pas pour cette raison non plus, que possédant une telle conscience, il soit obligé de servir ce que j’appelle aujourd’hui les besoins de la conscience collective. L’Homme nouveau est un être absolument, absolument, irréel dans l’indomptabilité de sa conscience.

L’Homme nouveau ne peut pas partager la nature psychologique ou spirituelle de l’homme ancien. Il fait partie d’un autre âge, il fait partie d’une autre vie. Il ne voit pas les choses de la même façon. Il n’est aucunement intéressé à partager ce qu’il sait avec ce que les Hommes ne savent pas. Il n’est aucunement intéressé sur le plan psychologique je parle, de produire sur le plan de l’expérience sociale, quelque phénomène que ce soit qui puisse sur le plan social servir à l’évolution de la société involutive, parce qu’il sait que c’est une illusion.

L’Homme nouveau fait partie d’une nouvelle race, d’une nouvelle évolution, et avec le pouvoir de sa propre évolution, avec la fusion, l’Homme nouveau vivra des expériences qui ne feront pas partie de l’expérience de la cinquième race-racine. Donc quelque part, il y aura séparation entre l’Homme nouveau et l’Homme ancien, comme il y a eu séparation entre les Atlantes et les premiers qui sont sortis de la grande conflagration atlantéenne.

Quelque part au cours de l’évolution, il y a mutation, et lorsqu’il y a mutation il y a séparation parce que mutation veut toujours dire changement de niveau vibratoire. À partir du moment où un Homme change de niveau vibratoire sur le plan mental, il ne peut même plus penser comme les Hommes pensent. À partir du moment où l’Homme vit une mutation sur le plan émotionnel, il ne peut plus vivre l’émotion comme les Hommes la vivent.

À partir du moment où l’Homme vit une mutation sur le plan vital, il ne peut plus être assujetti planétairement et astrologiquement aux sortes de maladies que l’Homme connaît. À partir du moment où l’Homme vit la mutation sur le plan matériel et qu’il est suffisamment avancé en fusion, il n’est plus capable de vivre la mort comme l’Homme la vit.

Donc l’Homme nouveau, c’est un être intégralement réel, intégralement neuf, et qui ne fait plus partie du passé, et qui n’a aucune solution pour l’humanité involutive, elle doit continuer son évolution en fonction de sa propre mécanique ; il n’a de réponses et de solutions que pour l’Homme individualisable. Autrement dit les Hommes nouveaux qui parleront dans l’avenir, parleront pour l’Homme individualisable, ils ne parleront jamais pour la collectivité.

Donc tout ce qui fait partie de la conscience sociale, à tous les niveaux, autant sur le plan des exigences philosophiques temporelles que sur le plan des exigences philosophiques ou métaphysiques spirituelles, ceci ne fera pas partie de son message, parce que l’Homme nouveau ne fait plus partie de la cinquième race-racine. Il n’a plus les mêmes besoins, il est intégral, l’Homme de l’involution n’est plus son frère dans le sens spirituel mystique du terme. Il est simplement un être qui est en évolution vers une nouvelle programmation de vie qui fera partie de sa propre évolution.

Donc le concept de la philanthropie que nous connaissons aujourd’hui, le concept de l’entraide que nous connaissons aujourd’hui, c’est un concept spirituel qui fait partie des hautes valeurs judéo-chrétiennes. Mais ce n’est pas un concept qui fait partie des valeurs réelles de l’Homme conscient, parce que l’Homme conscient connaît, comprend trop bien les lois karmiques des nations, les lois karmiques des Éthiopiens, les lois karmiques de la guerre, les lois karmiques de ci, les lois karmiques de la maladie, les lois karmiques du sida, les lois karmiques de quoi que ce soit.

Donc il ne peut pas, sur le plan émotionnel, être amené à partager les hautes vertus involutives de l’Homme de l’involution. Ce n’est pas qu’il est renégat, ce n’est pas qu’il est réactionnaire, ce n’est pas qu’il est révolutionnaire, ce n’est pas quoi que ce soit, il n’est plus dans le même jeu, il ne fait plus partie de la même vie, il n’est plus, autrement dit, dans l’observation de l’humanité.

Il est simplement dans l’observation des lois de la vie qui sous-tendent le mouvement de l’humanité, qui sous-tendent la dynamique de l’humanité et qui, s’il y a des individus à l’intérieur de cette humanité qui sont suffisamment évolués pour saisir un peu les aspects vibratoires de cette nouvelle parole, à ce moment-là il y a évolution sur le plan individuel, il y a éventuellement constatation d’une identité, alors que l’humanité continue à vivre ce qu’elle doit vivre, ce qu’elle doit connaître.

FP : Si on parlait un peu de la pensée, l’Homme reçoit des pensées de toutes sortes, du plan astral, mais comment est-ce que l’Homme fait pour obtenir des pensées dont il a besoin pour vivre, et non pas pour se faire charrier ?

BdM : L’Homme a simplement à apprendre à ne pas se faire charrier. Mais l’Homme aime se faire charrier. Vous savez pourquoi ? Parce que l’Homme c’est un être naïf. L’Homme, il est naïf dans la politique, il est naïf dans l’économie, Il est naïf dans la religion, il est naïf dans la spiritualité, il est naïf dans l’occultisme, il est naïf dans la métaphysique, il est naïf. L’Homme est naïf. Pourquoi il est naïf ?

Parce qu’il n’a pas d’identité, c’est pour ça qu’il est naïf. Donc si l’Homme est naïf, il est évident que puisqu’il vit de pensées, s’il y a le moindrement une pensée qui vient vers lui qui, sur le plan du corps de désir, le soutient, lui donne de l’espoir, le nourrit, il embarque, ne sachant même pas d’où vient cette pensée, d’où vient cette pensée ! Ça vient d’où cette pensée ?

L’Homme est un peu comme le type en Afrique qui écoute la radio, et il entend la radio, mais elle vient d’où la voix, elle vient d’où l’onde, l’énergie, elle ne vient pas des transistors dans la radio. Et ça, ça fait partie de la nouvelle révolution dans la psychologie de l’Homme. L’Homme, un jour, devra reconnaître que sa pensée elle vient d’où ? C’est lui qui la fait, ou c’est lui qui la reçoit ? S’il la reçoit, il faut qu’il vérifie, bon ! Le territoire psychique de l’Homme ça lui appartient.

Il y a des lois dans les gouvernements, il y a des lois dans notre société qui empêchent tel pays d’envoyer des ondes dans les systèmes réceptifs de nos radiocommunications, il y a des lois très sévères. Mais au niveau du mental humain, il n’y a pas de loi. Toutes sortes de conneries, toutes sortes d’informations, de désinformations, nous sommes systématiquement désinformés, nous viennent au mental, et nous acceptons, et nous vivons de ceci, et nous appelons ça de l’intelligence, nous appelons ça de l’information, nous appelons ça de la logique, nous donnons des noms à ceci qui confirment le côté irraisonnable de l’Homme.

Autrement dit, parce que l’Homme n’est pas raisonnable, il veut l’être mais il ne l’est pas, l’Homme n’a aucune prise de conscience du sérieux de ce qui se passe dans son mental. Il y a des cas extrêmes, la folie, l’hallucination, Saint-Jean-de-Dieu (Hôpital psychiatrique), tout le monde devrait aller à Saint-Jean-de-Dieu voir qu’est-ce qui se passe, parce que c’est à Saint-Jean-de-Dieu que nous pouvons le plus facilement voir jusqu’à quel point l’Homme est un être manipulé.

C’est à Saint-Jean-de-Dieu le grand laboratoire de l’humanité, ce n’est pas sur Wall Street, donc tu vas à Saint-Jean-de-Dieu, tu regardes, tu rencontres le bonhomme dans le corridor qui parle à sa catin, ce sont les cas extrêmes je suis d’accord, mais nous, nous avons besoin des cas extrêmes parce que nous ne sommes pas capables de voir en dehors de l’extrémité, nous sommes trop naïfs.

S’il y a un type qui parle comme Victor Hugo ou Chateaubriand, ah quel génie ! Alors on ne voit pas de folie dans le génie, on voit simplement du génie. Mais quand on va à Saint-Jean-de-Dieu, là il n’y a plus de génie, là c’est de la folie pure, et là on regarde et on s’aperçoit que… wop… le bonhomme, il parle avec sa catin. L’autre qui berce sa catin, puis des grandes conversations hein, des grandes conversations !

L’autre qui voit sa mère dans le coin, elle n’est pas là mais il la voit, elle est morte, mais lui il la voit, et le psychologue dit : “Ah ! C’est de l’hallucination”, il la voit lui, mais pour le psychologue c’est de l’hallucination, mais pour lui c’est réel. Le psychologue est dans la société, il fonctionne, lui il est fou parce qu’il la voit, et on lui a dit qu’il est fou parce qu’il voit sa mère.

Mais si on lui avait dit : “Oui, tu vois ta mère mais il faut que tu te coupes, il faut que tu apprennes à te couper de ta mère, elle est sur les autres plans, parce que là elle est en train de te vampiriser”, là, à ce moment-là, ben le type il sortirait de Saint-Jean-de-Dieu, et peut-être qu’il deviendrait un très grand psychologue (rires du public). Et ça, c’est le dilemme de l’Homme, mais on n’amène pas les gens à Saint-Jean-de-Dieu parce qu’il n’y a rien à Saint-Jean-de-Dieu.

Je vais vous dire une chose, à Saint-Jean-de-Dieu il y a toute la symptomatique, tout ce qui est symptomatique de l’Homme à l’extrême. À Saint-Jean-de-Dieu, c’est le plus grand terrain d’expérience pour un Homme sensible, pour comprendre les lois de l’Esprit et voir jusqu’à quel point l’astral en définitive contrôle l’Homme.

Mais dans notre société, avec des Hommes qui parlent bien, des Hommes qui ont un beau langage, des Hommes qui sont dans l’industrie, comment voulez-vous voir les petites taches de folie, on les cache les petites taches de folie. Nommez-moi un Homme qui, dans la vie, n’est pas astralisable quelque part dans le temps, il y a toujours de l’astralité !

FP : Mais pour échapper à cette folie, pour éviter de sombrer dans la folie, est-ce qu’on ne devrait pas développer une façon discriminatoire d’abolir toutes sortes d’informations dont on n’a pas le contrôle ? Comment est-ce qu’on pourrait exercer une forme de discrimination là-dessus pour ne pas sombrer ou dans la folie ou faire des cauchemars toutes les nuits ?

Mon grand père qui était français et puis aussi cartésien, lui disait simplement amusé ‒ excusez-moi un peu, il était versé dans les gauloiseries ‒ il disait : “Qui s’endort avec le cul qui pique se réveille avec la main qui pue” ! Mais ça veut dire ce que ça veut dire, comment ne pas s’endormir “avec le cul qui pique” quand on est soi disant éveillé le jour et qu’on est agressé par tous ces coups de téléphone ?

BdM : Bah oui ! Pourquoi le “cul nous pique” ? Le “cul nous pique” parce que nous nous laissons piquer (rires du public). Donc l’Homme dans la tête, il se laisse piquer. Le problème, si vous ne voulez pas que le “cul vous pique”, arrêtez de croire. Le problème de l’Homme de l’involution c’est la croyance.

Donc nous commençons à croire ce qui est à l’extérieur, ce qui semble intelligent, et si pour des raisons d’expérience, nous avons des âmes sensibles, si nous naissons dans des familles qui ne sont pas des familles réellement portées à nous aider dans notre sensibilité… il y a des enfants dans notre société, et nous voyons ça souvent à la télévision, dans les journaux, il y a des enfants dans la société qui sont dans des familles où il ne devraient pas être !

Ils doivent être là pour des raisons karmiques, mais je parle sur le plan humain, des enfants qui sont tendres, des enfants qui sont sensibles, des enfants qui disent à leurs parents le soir : “Ah ! Je vois mon petit ami”, ils sont en grande conversation avec leur petit ami, et le bonhomme qui dit : “Ah ! Ton petit crisse d’ami, c’est de la folie ça, là”. Alors vous avez des enfants qui sont obligés de réprimer, réprimer, réprimer, réprimer, et réprimer.

Nous avons besoin de comprendre que le problème de l’Homme, fondamentalement, c’est celui de croire. Donc si vous avez des petits amis quand vous êtes plus vieux – quand vous êtes jeunes, ce n’est pas tellement problématique parce que la vie n’est pas problématique – mais quand vous êtes plus vieux et que vous commencez à vivre des pensées qui peuvent vous faire perdre, à ce moment-là il faut que vous appreniez à ne pas croire !

Et l’Homme ne comprend pas ce que veut dire “ne pas croire”. Moi j’ai eu des gens qui sont venus à moi et qui m’ont dit : “Mais Monsieur Bernard, si vous nous dites qu’il ne faut pas croire, il ne faut pas vous croire”… J’ai dit : “Ne pas croire ne veut pas dire nier, ne pas croire veut dire ne pas s’impliquer”. Si vous, vous me dites quelque chose qui a du bon sens, je sens que ça a du bon sens, nous sentons tous les deux que ça a du bon sens, il y a de l’intelligence, c’est tout ce que nous avons de besoin, nous faisons de l’échange.

Mais si moi je vous dis quelque chose et que vous me croyez, vous vous assujettissez à ma personne, c’est anti-homme, c’est dangereux, c’est pas bon ! Regardez ce qui est arrivé avec l’Allemagne. L’Homme n’a pas besoin de croire, mais l’Homme n’a pas compris philosophiquement, psychologiquement, psychiquement, ce que veut dire “pas croire”. “Pas croire” veut dire, ne pas s’assujettir à une forme quelconque de domination.

Donc dans le mental, l’Homme doit apprendre à ne pas croire. Et si l’Homme apprend à ne pas croire, il commencera lentement à vivre de pensées intelligentes, au lieu de se faire, comme vous dites à la française, “piquer le cul”. Mais nous avons beaucoup de difficulté à ne pas croire, parce que pour nous, pendant l’involution, la croyance a été la systématisation de la valorisation mentale de l’Homme, par les forces spirituelles de la Terre, par les forces temporelles de la Terre, sous la surveillance des forces astrales dans l’invisible.

Croire c’était nécessaire pendant l’involution, l’Homme avait besoin de croire, l’Homme de l’évolution ne pourra plus croire, croire à quoi ? Savoir quelque chose c’est une chose, croire c’est une affection, c’est une infection, c’est de la contamination, c’est une subjugation, c’est s’amener à la domination. Nous, nous avons du plaisir à se parler, mais si vous, vous commencez à me croire, vous êtes foutu. Je peux vous faire croire n’importe quoi, intelligent, ça va se tenir, vous êtes foutu.

Il ne s’agit pas pour l’Homme de croire, moi s’il fallait que je crois ce que je sais, je serais totalement capoté. Il ne s’agit pas de croire, c’est une déformation psychologique de l’involution, croire, il s’agit de savoir. Et tous les Hommes savent, quelque part en eux il y a quelque chose, tous les Hommes ont un centre, tous les oignons ont un centre, moi je n’ai jamais rencontré d’oignon qui n’avait pas de centre, donc tous les Hommes ont un centre, et dans ce centre il y a du savoir, c’est tout ce que l’Homme a, mais au-dessus et vers les couches, il y a de plus en plus de croyances.

Et nous voyons dans le monde où mène la croyance. La croyance sur le plan de la conscience collective, à l’échelle des millions, surtout la croyance spirituelle, mène aujourd’hui au fanatisme. Et le fanatisme mène à la détérioration des relations mondiales sur le plan politique. Sans donner de nom, nous sommes suffisamment conscients de ce qui se passe au niveau de la politique. Et tant que l’Homme va croire, l’Homme va subir la domination, et ce qu’il fait vis-à-vis l’extérieur, il va le faire vis-à-vis l’intérieur.

Donc si nous prenons un Homme qui est plus évolué spirituellement et qui est moindrement psychique, moindrement sensible, intuitif, parce qu’il y a beaucoup de personnes qui communiquent, qui ne sont pas rendus à Saint-Jean-de-Dieu mais qui communiquent intérieurement et qui croient, ils se font éventuellement amener à Saint-Jean-de-Dieu, c’est ça Saint-Jean-de-Dieu.

Saint-Jean-de-Dieu, ce sont ces grands êtres sensibles qui ont cru. “Tue tes enfants pour la gloire de Dieu”, boum ! “Mets ton enfant dans la poubelle” ! “Mets ton enfant, comme aux États-Unis, dans le poêle” ! “Va détruire les prostituées à Londres ! Va briser les tableaux au Vatican” ! Ils ont cru, ils ont cru quoi ? Ils ont cru l’astral. Donc l’Homme fait sur le plan individuel la même chose que les nations ont fait sur le plan collectif.

Et si on me demandait aujourd’hui : “Quel est le plus grand danger de l’Homme, pour l’Homme, et aussi pour l’humanité”… C’est la croyance. Et quand je dis ceci, je ne veux pas dire que la croyance ce n’est pas bon, parce que je respecte toujours les cycles d’évolution. Il y a des peuples qui ont besoin de croyance, il y a des tribus en Afrique qui ont besoin de la croyance du sorcier. Il y a des peuples en Europe qui ont besoin de la croyance spirituelle. Il y a du temps. L’évolution des peuples, des nations d’une planète, d’une race ou des races, c’est long.

Mais sur le plan individuel, en évolution future, la croyance ne peut pas exister parce qu’un Homme qui croit est un Homme automatiquement assujetti à une forme quelconque de domination, qu’elle soit spirituelle, temporelle, extérieure, sociale, ou qu’elle soit interne et psychique, et la plus dangereuse c’est l’interne, la psychique, parce qu’elle vous mène directement à Saint-Jean-de-Dieu.

FP : Et comment évacuer cette crédulité, lorsque ces croyances prennent la forme du sacré, des apparats, des pompes, et que par exemple elles prennent aussi, ces croyances-là la forme de l’infaillibilité pontificale lorsque le pape s’exprime “ex cathedra” et qu’on est huit-cent-millions de bons chrétiens ?

BdM : Ça fait partie de la problématique de l’Homme nouveau. L’Homme nouveau n’appartient à personne, il ne peut appartenir à personne, il peut travailler, il peut avoir du plaisir, il peut avoir du relationnel, mais il ne peut pas appartenir psychiquement à personne. C’est une insulte à l’intelligence d’appartenir à quelqu’un, à quelque chose, à quoi que ce soit.

On peut apprécier telle chose, mais appartenir en Esprit à quelque chose c’est anti-Esprit, c’est totalement astral, c’est totalement involutif. Moi je rencontre des Hommes dans le monde qui ont de l’influence, qui gèrent des programmes d’évolution à un certain niveau ou à un autre, mais je ne suis pas capable de croire, je peux voir qu’ils font quelque chose de bien ou qu’ils font quelque chose qui doit être corrigé.

Mais m’assujettir en tant qu’être, en tant qu’Homme-Esprit, à une forme quelconque, mais c’est anti-homme, c’est anti-intelligence, ça fait partie de l’involution, et dans l’évolution ça n’existera plus, mais ce sera sur le plan individuel que ce sera réalisé, jamais sur le plan collectif. C’est pour ça que les Hommes devront toujours respecter la religion des autres.

FP : Merci beaucoup Bernard de Montréal ! (Applaudissements).

mise à jour le 22/06/2024

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